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48) RESURGENCES ET REALITES DU PRESENT
Mon départ pour ce rendez-vous avec "M.T", le 24 Avril 2009, m'angoissa terriblement. Mon mari n'apprécia déjà guère qu'il me faille partir tôt pour être à 9 h sur place. Je ne me sentis donc apaisée qu'à compter du moment où je fus dans ma voiture. Cette voiture représentait aussi pour moi une forme d'indépendance que je n'avais plus depuis longtemps. Mon ex-mari m'en ayant privée durant des années. Conduire était ma liberté.
Arrivée sur le parking au lieu dit, je me garai et vis au loin un homme en costume noir. Il traversa pour venir à ma rencontre, me demanda immédiatement si j'allais bien et me fis la bise en me disant sa joie de me voir là, seule avec lui.
Contente, je l'étais aussi bien sûr, nous avions tant à nous dire, mais la crainte de ne savoir contenir mes émotions m'envahissait.
Immédiatement il me proposa de laisser là ma voiture, de monter dans la sienne et me demanda si la destination vers la mer me convenait. J'acceptai et montai dans son véhicule.
Je retrouvai le garçon assuré que j'avais connu et auprès duquel je me sentis confiante pratiquement instantanément. Sa joie était d'autant plus manifeste qu'il engagea toutes les conversations de manière enthousiaste. De mon côté, je me montrai plus réservée. Sans doute avais-je trop de questions à lui poser auxquelles j'avais besoin de réponses.
La première étant, bien sûr, de savoir pourquoi il m'avait quittée en 1976 après les neuf mois passés ensemble.
Nous fîmes une petite "étape" dans un village proche de la mer, où il me proposa un café. Dans ce lieu où peu de clients étaient présents, nous échangeâmes sur les circonstances de nos retrouvailles.
Il les devait finalement à mon mari, celui-ci m'ayant inscrite sur ce site public sans mon avis. Cela le fit sourire dans la mesure où il m'avoua m'avoir cherchée durant longtemps et il ajouta :
- "J'ai tout essayé à partir de ton nom de jeune fille, ton nom marital, la ville où tu habitais avant, mais forcément je ne pouvais rien trouver puisque tu avais quitté la France et étais remariée".
Indéniablement, ces retrouvailles il les voulait vraiment et depuis bien longtemps.
La météo était clémente et arrivés au bord de la mer nous marchâmes longtemps sur la digue, tout en échangeant nos souvenirs. Puis il décida de retourner vers sa voiture pour se changer et mettre une tenue plus décontractée.
Pour ce faire, nous rentrâmes dans un petit café où il partit vers les toilettes et revint en m'expliquant qu'il n'avait pas prévenu son épouse de notre rencontre et qu'il était donc parti en lui disant avoir un rendez-vous d'affaires hors région. Ce qui expliquait le costume.
Cela m'interpella un peu et je le lui signalai gentiment.
Son statut de "commercial" lui laissait toute latitude quant à son emploi du temps. Mais il semblait avoir pris un risque.
Afin d'en discuter, il me proposa de marcher un peu sur les dunes et de nous y asseoir.
La nature, la mer, le sable... Nous marchions comme deux adolescents, escaladant les dunes. Il m'attrapa la main pour m'aider à monter. Nous riions de notre attitude, digne de deux "gamins" qui s'amusent comme des fous.
Nous allâmes nous asseoir dans le sable et il me parla de son épouse particulièrement jalouse, à laquelle il ne pouvait décemment pas avouer qu'il me voyait.
Manifestement ce remariage n'était pas une réussite et il n'eut pas peine à me l'avouer. Ce qui lui permettait de tenir bon c'était son travail. Sa semaine à Paris, loin de chez lui, lui assurait de ne voir son épouse que le week-end. Son couple s'était formé, basé sur le souhait des deux conjoints de préserver une partie de leur autonomie.
Elle avait ses occupations, son travail, ses habitudes et il avait les siennes. Et d'activités il ne manquait pas. Il était toujours aussi sportif le week-end, exerçant le sport en "solitaire", son épouse ayant quelques difficultés à marcher longtemps. Le sport avait toujours été sa soupape de sécurité, je l'avais connu comme cela et je le retrouvai tel qu'il était avant.
Le midi, il me proposa d'aller au restaurant. D'un commun accord, nous allâmes dans un petit établissement situé le long de la digue, face à la mer.
Après un repas passé à échanger sur nos enfants, nos parcours respectifs, il me fut possible de lui poser ma question :
- "Mais pourquoi m'avoir quittée et chercher à me retrouver depuis toutes ces années ? Voilà quand même la seconde fois que cela t'arrive".
Il me répondit franchement pour la première fois et me confia la crainte qu'il avait eue après que j'aie un retard de règles suite à une de nos relations sexuelles (pourtant protégées) au cours de l'année 1976. Mes règles s'étaient ensuite déclarées, mais cela lui avait fait peur et il me dit qu'à cette époque il ne se sentait pas prêt à s'engager sérieusement.
C'était plausible, mais cela me troubla. Il ne cacha pas son regret de m'avoir quittée à ce moment là.
Nous évoquâmes alors le fait que nous retrouver bien longtemps après permettait de voir nos évolutions de personnalités respectives et de nous apprécier différemment. Les intentions n'étant pas de recommencer une autre histoire mais de donner une chance à cette amitié retrouvée.
La journée s'acheva vers 18 h et je repris la route vers mon domicile, après qu'il m'ait déposée à ma voiture.
Nous devions de toutes façons nous revoir quinze jours après, avec nos conjoints. Qu'il mente à son épouse ne me plaisait pas, mais je le respectais. L'essentiel étant que mon mari, lui, soit au courant de cette relation amicale extérieure.
Cette situation n'était quand même pas simple à gérer pour lui, comme pour moi d'ailleurs vis-à-vis de son épouse.
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De retour chez moi, je retrouvai mon mari, dont la mine n'augurait rien de bon.
Durant mon absence, il avait reçu un appel téléphonique de notre beau-frère. Les médecins venaient de lui annoncer la généralisation du cancer dont son épouse était atteinte.
Le "pronostic vital "n'était plus que de quinze jours.
Je fus très troublée par cette nouvelle. Mon mari et moi aimions énormément sa soeur et nous ne nous attendions guère à un diagnostic de cette nature.
Notre beau-frère avait besoin de soutien moral et il savait pouvoir compter sur nous.
Le lendemain, 25 Avril 2009, il nous rappela pour nous annoncer le décès de son épouse, survenu dans la nuit. Elle était âgée de 71 ans.
L'effondrement fut total pour nous trois. Mon mari et moi partîmes immédiatement à Bruxelles au domicile de notre beau-frère et à l'hôpital.
L'image de ma belle-soeur, défunte, me fendit le coeur, mais elle avait un visage "serein". Il me fut difficile, tout comme à mon mari, de contenir mon chagrin. Il nous fallait rester forts face à notre beau-frère, totalement perdu.
Les deux principaux éducateurs de leur fils handicapé arrivèrent eux aussi à l'hôpital. Il fallut annoncer cela à cet homme avec beaucoup de délicatesse. Sa Maman était tout à ses yeux, il la savait malade bien sûr, mais ce décès fut tellement brutal... Et lui était si fragile psychologiquement.
L'éducatrice en chef le prépara à la nouvelle et il prit conscience du "départ" de sa Maman, "ailleurs et pour toujours".
Nous allâmes ensuite tous ensemble dans l'appartement de mon beau-frère, afin d'évoquer la crémation (souhait que la défunte avait émis il y a bien longtemps déjà).
Les éducateurs s'en remirent à mon mari et à moi, notre beau-frère n'ayant pas la force d'organiser quoi que ce soit.
Nous discutâmes de tout et j'acceptai de rédiger l'oraison funèbre.
Les funérailles furent prévues pour le lundi, soit trois jours après.
Le soir du 25 Avril 2009, jour du décès de ma belle-soeur, un second appel téléphonique nous arriva, annonçant cette fois la mort du frère de notre beau-frère.
Cet homme souffrait depuis deux ans d'un cancer de la prostate, en rémission, mais c'est une maladie professionnelle qui avait eu raison de lui.
Il était atteint depuis bien longtemps de problèmes respiratoires. Il était âgé d'un peu plus de 70 ans lui aussi.
Il laissait une veuve et une fille célibataire.
La petite famille que nous représentions se réduisait à peu de membres à présent.
La crémation de cet homme fut prévue pour le lendemain de celle de ma belle-soeur.
A ces deux crémations, mon mari et moi fûmes présents bien sûr.
J'eus beaucoup de difficultés à lire l'oraison funèbre pour ma belle-soeur.
La photo déposée sur son cercueil avait été prise le jour de notre mariage. Mon mari avait pris soin de l'encadrer et son sourire nous permit de garder d'elle, l'image d'une femme douce et aimante.
Après ces deux décès consécutifs, je constatai à quel point mon beau-frère se laissait aller. Nos contacts restèrent fréquents, par téléphone surtout puisque 120 kilomètres nous séparaient, mais les éducateurs de son fils furent proches de lui également.
Leur fils aîné, habitant la même commune, mais qui refusait tout contact avec ses parents depuis de nombreuses années, n'avait pas manifesté l'intention de venir aux funérailles. Notre beau-frère en était très affecté. Et sans son épouse, sa seule raison de vivre était son fils handicapé. Combien de fois nous l'a t'il dit !
Le mois d'Avril 2009 touchait à sa fin.
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Dans le même temps, il me fallut gérer les multiples expertises médicales auxquelles je fus soumise, qui augurait ma mise en retraite pour invalidité.
Un psychiatre et un neurologue avaient été désignés par le comité médical, afin d'évaluer mon degré d'invalidité.
Je fus convoquée également devant le médecin-conseil de la Caisse d'Assurance Maladie, qui avait lui aussi droit de regard sur cette décision.
Ces expertises me stressaient dans la mesure où j'avais à chaque fois le sentiment d'avoir à justifier l'injustifiable.
Pourquoi cet arrêt de travail ? Pourquoi cette décision de m'empêcher de reprendre le travail ? Je n'avais rien demandé. Surtout pas l'invalidité.
Et surtout... Comment faire comprendre à un expert-psychiatre que je ne prenais aucun anti-dépresseur alors que ma mise en invalidité s'appuyait sur cette dépression et sur l'épilepsie ? Je m'en étais sortie grâce à l'hypnose surtout, à l'écriture aussi. Mais impossible à faire admettre.
La seule chose qui lui convint et qu'il nota, fut de savoir que mon traitement contre l'épilepsie contenait - en adjuvant - un anxiolytique.
Parallèlement à ces expertises, j'entamai, sur les conseils de mon ami médecin (celui rencontré dans le Cher courant Mars 2009), un contact avec l'hôpital Saint-Luc de Bruxelles.
Il m'avait conseillé une éminente épileptologue et avait réussi à la joindre afin que j'obtienne un rendez-vous rapidement.
Selon lui mon traitement était mal adapté. Je déclarais trop de crises et dans cet hôpital certains épileptiques avaient été très efficacement pris en charge.
Le contact avec ce professeur avait été fixé au mois de Mai.
Disposant d'une mutuelle Belge, j'avais accès aux soins en Belgique comme en France. Bien que mariée à un Belge, j'avais conservé ma nationalité Française, et ma couverture médicale était assurée pour les deux pays. Bien sûr les conditions de prise en charge n'étaient pas identiques en France et en Belgique, mais j'avais accès gratuitement aux hôpitaux Belges.
Lors de ce rendez-vous, je pris soin d'apporter un maximum de documents médicaux qui permettraient à cette épileptologue de lire les conclusions établies par mon neurologue du Centre Hospitalier Universitaire Français.
Cette dame, âgée d'une petite soixantaine d'années apparemment, me réserva un accueil que je n'aurais jamais imaginé.
La consultation dura plus d'une heure trente et j'appris, grâce à elle, bien plus sur l'épilepsie qu'en 40 années de suivi médical en France.
Par chance, disons-le comme cela, j'avais été contactée quelques mois plus tôt, par une jeune étudiante en médecine. Celle-ci souhaitait établir son mémoire sur le thème de l'épilepsie temporale et avait vu certains de mes témoignages sur un forum. Elle recherchait une personne atteinte d'épilepsie temporale droite (mon cas) et une autre (épilepsie temporale gauche).
Un contact téléphonique nous avait permis de nous rencontrer et celle-ci avait procédé à des tests de mémoire, en deux phases (c'était là le sujet de fond qu'elle avait choisi de développer dans le cadre de ses études).
Elle m'en avait ensuite transmis les conclusions, que j'eus la possibilité de présenter à cette épileptologue qui se montra très intéressée par ce travail bien élaboré et détaillé.
Ses conclusions furent cependant celles que j'avais souvent entendues :
- Epilepsie pharmaco-résistante. Tous les traitements m'avaient déjà été proposés. Elle ne pouvait rien me prescrire d'autre. Elle confirma le diagnostic "d'épilepsie de type partiel - rebelle - complexe".
- La mémoire était relativement correcte, mais amoindrie sur le plan "spatial". Effectivement, mon repérage dans l'espace était depuis bien longtemps altéré.
Elle ne vit pas d'autre solution qu'une éventuelle intervention chirurgicale. Un procédé dont avaient déjà bénéficié plusieurs épileptiques présentant la même forme d'épilepsie.
Cela consistait en une opération assistée par ordinateur, qui avait fait ses preuves et était pratiquée par un neuro-chirurgien de renom.
Je ne me montrai pas très enthousiaste et je réclamai un délai de réflexion.
Cette épileptologue m'expliqua que les examens préliminaires pouvaient durer environ six mois, avant que l'opération ait lieu.
Elle me proposa de nous revoir afin d'en discuter à nouveau.
Après discussion avec mon mari, il fut convenu que je me soumettrais à ces examens préalables. Je les avais déjà subis une dizaine d'années plus tôt en France. Mais ceux qui m'étaient proposés à Bruxelles paraissaient plus sérieux encore. Et, surtout, le mode opératoire n'était pas le même. Les techniques avaient évolué et Saint-Luc était effectivement un hôpital réputé dans le domaine de la chirurgie du cerveau. Tout comme "La Timone" à Marseille.
Quelques temps après j'en avisai mes deux fils.
V. ne sembla pas perturbé. Mais je connaissais ses réactions à cet égard. Il prenait rarement position dans ce domaine. Même s'il se montrait très attentif à mon état de santé, il respectait mes décisions.
F. fut manifestement très contrarié et ne me le cacha pas.
Il me dit d'ailleurs, de façon assez impulsive :
- "Mais je ne laisserai pas faire cela avant d'avoir rencontré ce professeur. Je veux la voir, lui parler et savoir vraiment ce qu'ils vont te faire. C'est trop délicat".
J'avais eu beau tenter de le calmer et de le rassurer sur le fait qu'il ne s'agissait que "d'une approche" et pas d'une décision définitive, il n'était manifestement pas convaincu de l'intérêt de cette opération.
D'ailleurs, peu de jours après, alors que j'étais occupée à faire mes achats dans une grande surface, mon téléphone portable sonna. J'entendis F. me dire :
- "Maman, j'ai réfléchi à cette opération, j'aimerais que l'on en discute plus longuement. Je suis inquiet et je ne veux pas te laisser faire ça".
Cette réaction provoqua mon émotion. Lui, si peu expansif d'habitude, semblait vraiment très inquiet.
A ce moment là, j'ai failli renoncer à ce second entretien avec l'épileptologue. Mais je ne l'ai pas fait.
Je maintins le rendez-vous et il fut convenu que j'entrerais à Saint-Luc pour les examens courant Octobre 2009.
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Au cours de ce mois de Mai 2009 nous avions également reçu "M.T." et son épouse.
Les vacances de Juillet 2009 approchaient. Avec l'aide de notre ami médecin, habitué à séjourner dans le Finistère Sud, nous trouvâmes un gîte pas très loin de celui qu'il occupait avec son épouse et ses enfants. La réservation était confirmée pour trois semaines consécutives.
L'été allait nous permettre de retrouver une certaine quiétude et de découvrir le Finistère. Région de Bretagne que nous ne connaissions pas.
Il fallut néanmoins affronter Juin 2009 sous un aspect que je n'imaginais pas ainsi.
L'année 2009 réservait encore bien des surprises...
-&-&-&-
Bonjour à vous qui passez ici...
J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.
J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.
Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...
Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.
Bien à vous toutes et tous.
Cathy.
NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".
J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).
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