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47) CETTE FAMEUSE ANNEE 2009
Je ne cache pas mon angoisse, à l'idée de voir s'ouvrir une nouvelle fois la page d'une histoire, que je croyais définitivement fermée depuis dix-sept ans.
J'allais avoir 49 ans et cet homme (appelons-le "M.T."), qui revenait à nouveau vers moi était de deux ans mon aîné. Tant de choses peuvent arriver durant autant d'années. Que me voulait-il ? Qu'était-il devenu ?
Je lui répondis donc en messagerie privée sur le site en question, lui indiquant que "oui, c'était bien moi sur la photo et que je m'étonnais de le revoir là après toutes ces années".
Pratiquement aussitôt, il me donna son adresse mails en m'expliquant qu'il s'était remarié en 2004, était grand-père d'une petite-fille de deux ans et qu'une seconde naissance devait intervenir courant Février 2009 chez son unique fille.
Il m'expliqua aussi avoir repris des études de commerce en 1994 durant trois ans pour obtenir un autre diplôme et qu'il travaillait toujours dans la même société (une firme multi-nationale spécialisée dans l'alimentaire). Et je m'étonnai de lire en conclusion de son message :
- "Comment va ta santé ? Qu'est devenue ta belle-mère ?"... Toutes les questions que l'on pose à une personne, lorsque l'on connaît les problèmes qui furent les plus préoccupants pour elle.
C'est surtout cela qui m'interpella, je crois. "M.T." n'avait rien oublié. Ma pathologie, ma belle-mère qu'il avait bien connue et dont il savait le tort qu'elle m'avait causé.
Dans ma réponse, je lui précisai immédiatement mon remariage, l'endroit où je vivais et lui annonçai le décès de ma belle-mère (assez récent encore). Quant à ma santé, je ne lui cachai pas être toujours en proie à ces crises d'épilepsie.
Nos messages se succédèrent, et le dernier qu'il m'envoya mentionna son intention de nous inviter chez lui, mon mari et moi, afin que nous nous retrouvions et fassions la connaissance de son épouse.
Il fixa la date pour fin Janvier 2009 et me donna son numéro de téléphone personnel en sollicitant le mien.
L'idée d'une rencontre en couples me sembla correct et mon mari n'émit aucune opposition.
La date de notre départ chez nos amis de Bordeaux approchait, je précisai donc à "M.T." mon numéro de portable en lui expliquant que nous partions jusqu'au 5 Janvier 2009.
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Le 29 Décembre 2008, mon mari et moi prîmes la route en direction du domicile de nos amis.
L'accueil fut convivial, le réveillon de fin d'année se déroula dans la bonne humeur, chacun de nous apportant sa contribution aux achats pour le repas.
Le 4 Janvier, alors que mon amie de Bordeaux et moi étions seules (nos conjoints étant partis faire quelques courses), mon téléphone sonna...
C'était "M.T.", qui me surprit en me souhaitant un joyeux anniversaire et en me présentant ses voeux.
Ainsi, même la date de mon anniversaire il la connaissait encore.
De mon côté j'avais toujours la sienne en tête également, et m'étais d'ailleurs fait cette réflexion assez curieuse de voir qu'elle correspondait à celle de mon mari (en dehors de l'année qui les différenciait).
Curieuse coïncidence.
Cette conversation très courte nous permit de constater, l'un et l'autre, à quel point nous étions émus de nous entendre. Mais quoi de plus normal après tout ce temps ?
Entre-temps, nous avions fêté la nouvelle année et mon anniversaire avec nos amis de Bordeaux, visité un peu les environs, mais ce séjour nous laissa un petit goût étrange...
- Cette femme s'était montrée très démonstrative, nous avait offert des cadeaux totalement inattendus, mais nous avait aussi rendus "témoins" de plusieurs altercations avec son mari.
Cela nous avait mis mal à l'aise et nous avait beaucoup peinés pour cet homme au demeurant très jovial et courageux (il était manifeste qu'elle le menait à la baguette, insistant souvent sur le fait qu'elle tenait les cordons de la bourse et que l'argent provenait d'elle et non de lui).
Il nous avait semblé indélicat qu'elle fasse état de tout cela devant nous à plusieurs reprises.
- Elle nous avait également emmenés chez sa Maman, à Arcachon. Cette dame, âgée de 90 ans, vivait dans une résidence pour personnes âgées. Elle y disposait d'un appartement individuel et nous avait invités dans le restaurant où elle prenait ses repas chaque midi.
Un lieu très luxueux et une dame totalement à l'opposé de sa fille. Son éducation et sa classe n'avaient d'égales que sa simplicité et sa gentillesse.
Arriva le jour où nous dûmes prendre la route du retour, non sans avoir contracté un virus compte tenu du temps extrêmement froid, et de l'état de santé de nos amis, déjà sous prescription médicale au moment de notre départ.
A notre retour chez nous, la grippe nous obligea à garder le lit durant près de quinze jours.
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Après notre rétablissement, nous nous inquiétâmes de l'état de santé de la soeur de mon mari (toujours en chimiothérapie eu égard à ce cancer du côlon), et mes fils vinrent nous rendre visite également.
L'aîné, travaillait toujours dans la même société d'infographie où il était chargé de la gestion des commandes et occupait encore son appartement situé dans l'agglomération Lilloise.
V. m'annonça sa rupture avec son petit ami et sa rencontre avec un homme de 15 ans son aîné. Ce dernier envisageait de retourner au Portugal, où vivait toute sa famille, sans exclure toutefois l'hypothèse de venir s'installer avec V. dès qu'il trouverait du travail près de Lille.
Cet homme exerçait dans la coiffure, avait donc 35 ans, et nous fîmes sa connaissance quelques temps plus tard.
Un garçon charmant, très courtois, discret et disposant d'une grande culture. Le contact fut d'emblée très bon.
V. disposait alors de son petit appartement d'étudiant dans le centre de Lille. Un 30 m2 dans lequel son ami vint s'installer de façon provisoire en attendant de trouver un logement suffisamment grand pour eux deux.
Il abandonna son projet de retourner vivre au Portugal, et trouva immédiatement, compte tenu de ses expériences professionnelles précédentes, un poste de responsable dans une imprimerie près de Lille.
Pour mes enfants, tout suivait donc son cours normalement.
Arriva la date à laquelle nous devions nous rendre chez mon ami "M.T." et son épouse, à une centaine de kilomètres de chez nous.
Celui-ci nous avait fait parvenir un plan très détaillé pour le trajet et nous arrivâmes le jour dit, à l'heure fixée.
Je ne cache pas la crainte qui m'envahissait, que je n'avais d'ailleurs pas cachée à mon mari.
Face à l'adresse indiquée, nous eûmes à peine le temps d'arriver jusqu'à la porte, qu'un homme nous accueillit.
Je le reconnus immédiatement, il nous salua, me fit la bise et nous fit entrer dans le hall, où nous attendait son épouse.
Cette femme, âgée de 60 ans, me parut très accueillante et tous deux nous invitèrent à nous mettre à l'aise et à rejoindre le salon.
Nous évoquâmes brièvement les conditions de ces retrouvailles et la convivialité fut de mise tout au long de cette journée.
Je retrouvai celui que j'avais toujours connu, tant dans ses gestes que dans sa façon de s'exprimer... Mais je découvris aussi un homme dont l'évolution sociale ne passait guère inaperçu.
Responsable commercial, il passait la semaine dans la ville où il travaillait, ne rentrant que pour le week-end.
Son épouse assurait l'accueil téléphonique et la gestion des commandes dans une petite entreprise.
Très vite, la discussion nous permit de comprendre que "M.T." avait acquis cette superbe maison dont il était si fier, qu'il était propriétaire de son appartement dans la capitale, disposait aussi de plusieurs autres logements qu'il louait à des particuliers. Et qu'il avait acheté un bateau.
Evoquant son niveau de vie, tout en expliquant son évolution dans sa société, il ajouta :
- "Mais j'ai bien conscience que je peux devenir S.D.F. du jour au lendemain et je reste attentif à cela".
Ce fut, dans mon esprit, la seule ombre au tableau : il avait évolué, mais était devenu très matérialiste à mon sens et sous cet aspect là je ne le reconnaissais plus.
Je n'y fis cependant pas plus attention que cela. Je constatai.
De mon côté, je ne cachai pas ma cessation d'activités suite à un "burn out". Nous évoquâmes rapidement le déroulement de ma carrière professionnelle et tous deux comprirent que j'avais été abusée par mes employeurs.
Ma souffrance, à cet égard, était et est encore très perceptible. Cette épreuve m'ayant beaucoup fragilisée.
Mon mari fit preuve, durant cette journée, de beaucoup d'humour comme à son habitude et le contact passa très bien entre nous tous.
Au moment de nous séparer, une date fut prise afin que nous nous retrouvions le mois suivant, chez mon mari et moi cette fois.
Fin Février 2009, tous deux découvrirent notre petite localité et notre modeste demeure.
A l'inverse de ce qui s'était produit chez eux, je fus en cuisine pour un repas assez élaboré. Ceci sembla surprendre mon ami "M.T.", manifestement peu habitué à ce que son épouse s'occupe activement de l'organisation de la maison et des repas.
J'ignorais en effet que celle-ci manquait beaucoup d'habileté et comptait énormément sur lui pour tout. Ce que je compris au fil de nos rencontres et que mon mari remarqua très vite également.
Au cours de cette journée, nous leur fîmes visiter une curiosité du village. Cette découverte ne fut pas sans leur plaire et nos moments d'échanges semblaient s'orienter vers des lieux qui convenaient à chacun et sur des discussions agréables.
Nos rencontres se firent de plus en plus régulières et nous en vinrent à nous voir à peu près tous les quinze jours.
Mon ami "M.T." avait cependant souhaité que je le voie seul afin que nous puissions parler ensemble des évènements passés, de façon plus tranquille.
Choses que nous n'avions pas encore abordées devant nos conjoints afin de ne pas les ennuyer avec notre histoire plus personnelle.
J'avoue que si l'idée en elle-même ne me déplaisait pas, je me demandais où pourrait bien se dérouler cette rencontre, fixée à la fin du mois d'Avril 2009.
Mon mari ne voyait pas cela d'un bon oeil, mais je ne tins absolument pas à lui cacher ce rendez-vous. Je sortais de toutes façons tellement peu seule qu'il ne pouvait qu'en être informé.
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Mais avant qu'arrive le mois d'Avril, je dus affronter un nouveau deuil.
La tante qui m'avait accueillie après la mort de ma Maman, décéda brutalement courant Février 2009 et j'en fus avisée par l'une de ses filles avec laquelle j'étais en contact occasionnellement (la seule qui ait quitté le Nord pour la Haute-Savoie).
Quant à ma tante, j'étais allée lui rendre visite plusieurs fois depuis mon remariage. Elle avait emmenagé dans une petite résidence pour personnes âgées dans sa commune de naissance (près du logement qu'elle occupait avant). Une aide-ménagère venait régulièrement chez elle. Ses deux filles, encore dans la région, s'en occupaient aussi.
La dernière fois où je l'avais vue, je l'avais trouvée très amoindrie. Elle parlait difficilement et se déplaçait à l'aide d'un déambulatoire.
Quand je fus avisée de son décès, j'annonçai à ma cousine mon intention de me rendre aux funérailles. Ma peine était grande. Je revis une fois encore une partie de mon enfance défiler et tous les souvenirs que j'avais avec cette femme si aimante me revinrent en mémoire.
Le jour des funérailles, mon mari m'accompagna. Je n'avais pas revu mes trois cousines depuis plus de 20 ans, voire 30 pour celle de Haute-Savoie. Comment allais-je réagir face à cela ?
Ce fut une crémation. Ce qui ne m'étonna guère, ma Tante n'étant pas croyante.
Avant la "cérémonie" mes cousines et leurs conjoints me reconnurent sans hésitation. Je les embrassai, leur présentai mon mari. Un moment d'émotion pour nous toutes qui avions passé de si bons moments ensemble lorsque j'étais enfant.
La cérémonie fut empreinte d'émotion. Je retins difficilement mes larmes, surtout lorsque j'entendis mes cousines évoquer leur Maman. J'aurais, de loin, préféré parler de tout ce que cette femme m'avait apporté, plutôt que d'avoir à rédiger et à lire l'oraison funèbre de ma belle-mère quelques mois auparavant.
Après ces funérailles, il me fut proposé de participer au repas, mais je devais rejoindre mon fils aîné avec lequel nous avions convenu de passer quelques heures. Un rendez-vous prévu depuis quelques temps que je n'avais pas voulu remettre.
Tous ces décès successifs me cassaient les uns après les autres et j'avais, je le crois, besoin de me changer un peu les idées.
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Dans le même temps, nous suivions toujours l'évolution de l'état de santé de la soeur de mon mari. Dire qu'il se stabilisait n'est pas le mot juste, mais nous avions l'espoir qu'elle viendrait à bout de ce cancer.
Une invitation nous avait été lancée par ce médecin avec lequel je correspondais depuis près de deux ans sur le net. Epileptique lui aussi, il semblait tenir, ainsi que son épouse, à ce que nous nous rencontrions.
Mon mari et moi nous apprêtions donc à partir dans le Cher pour un long week-end chez ce couple, lorsque l'état de santé de ma belle-soeur devint inquiétant.
Son époux nous demanda cependant de ne pas renoncer à notre projet.
Elle était hospitalisée et chaque jour nous appelions depuis le téléphone portable de mon mari pour prendre de ses nouvelles.
Les quelques jours dans le Cher se passèrent agréablement, malgré cette crainte constante concernant ma belle-soeur.
Ce couple, très accueillant, avait deux adolescents de 16 et 14 ans. Ce médecin discuta beaucoup avec moi de ses pathologies, son épouse s'orientant sur d'autres conversations avec mon mari.
Cet homme semblait souffrir beaucoup de sa cessation d'activités (il avait d'abord quitté ses fonctions d'anesthésiste en hôpital pour ouvrir son propre Cabinet médical, qu'il avait fermé également après s'être trouvé en invalidité). Son épouse était infirmière, retraitée, et l'avait connu dans cet hôpital où elle exerçait elle aussi.
Veuf, il s'était remarié. Un couple manifestement uni et des enfants très attachés à leur belle-mère.
Notre relation amicale perdura et un projet de vacances d'été ensemble fut évoqué.
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Le mois d'Avril approchait... Ma rencontre avec mon ami "M.T." allait avoir lieu elle aussi.
Par mails, nous avions convenu de nous donner rendez-vous sur un parking situé près d'un hypermarché, à une vingtaine de kilomètres de mon domicile.
Pour moi, c'était ainsi plus facile d'y accéder en voiture.
Selon le temps, nous verrions où nous pourrions nous rendre.
"M.T." semblait opter pour la mer.
Nous aviserions le moment venu, en fonction du temps bien sûr...
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Bonjour à vous qui passez ici...
J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.
J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.
Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...
Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.
Bien à vous toutes et tous.
Cathy.
NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".
J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).
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