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5) QUAND LE CORPS S'EN MELE
Le jeudi, à cette époque là, était le jour où je pouvais aller chez ma tante et chez mon grand-père. J'y passais la journée. Je me détendais.
Tous deux avaient bien compris "le malaise" qui régnait, mais personne ne s'en mêlait. Et je ne faisais pas non plus état de ces maltraitances physiques.
Ma tante, me faisait alors de la saucisse et de la purée. Mon grand-père me conduisait au parc public où je reprenais mes jeux "comme avant".
J'avais toujours droit aux carambars, aux sucettes, aux "mistrals gagnants"...
C'était notre petit secret à nous car il ne fallait pas que ma belle-mère le sache.
Mon grand-père me choyait tellement que, lorsqu'il me ramenait, les autres soirs, de l'école jusqu'à chez moi, il me donnait pour la route des tartines, garnies de pâté, ou de saucisson... Toutes ces denrées qui m'étaient totalement défendues chez ma belle-mère.
Mais, pas assez vicieuse pour jeter les tartines garnies de confiture que cette femme me laissait en guise de goûter, je les accumulais dans un sac qu'elle avait confectionné elle-même (brodé d'une tête de poule).
Aussi, ne suis-je pas là d'oublier le jour où, les vacances scolaires arrivées, il me fallut ramener ce sac à la maison !
Ma belle-mère y découvrit les tartines moisies. Ce fut la catastrophe !
Elle me gifla avec une violence incroyable, insulta mon grand-père (se doutant bien qu'il en était le responsable).
Et la punition tomba : "Tu n'iras plus chez ton grand-père, c'est terminé ! D'ailleurs, qu'y a t'il de plus là-bas qu'ici ? Du sucre ?".
Ce furent ses propos, textuellement.
Je ne répondis pas, mais je pleurai. Je pleurai en pensant que "là-bas" il y avait l'amour, la tendresse, l'affection, la compréhension. Tout ce qu'un enfant est en droit d'attendre.
Tout ce dont elle me privait.
Je me rongeais de l'intérieur, littéralement.
J'adorais mon grand-père (qui n'était pas assez bien pour elle évidemment), j'aimais tellement ma tante (qui n'était pas assez maniérée à son goût - souvenez-vous des biscuits...).
Cette femme était tellement odieuse qu'elle m'avait un jour demandé de laver une chaise en bois laqué blanc qui était dans la cuisine.
Cela n'aurait rien de particulier si ce n'était celle sur laquelle s'asseyait mon grand-père lorsqu'il venait en me ramenant de l'école.
Elle la trouvait sale et m'avait fait remarquer que c'était à cause des pantalons de mon grand-père.
J'ai nettoyé la chaise en me demandant si, la prochaine fois qu'il viendrait, il ne devrait pas s'asseoir sur le sol. Je peux dire maintenant qu'elle en aurait été bien capable.
Mais comment expliquer que je ne la détestais pas ?
Je ne savais que faire pour la soulager après son travail.
Et elle avait instauré un "rituel". Chaque soir en rentrant, quand elle ne vérifiait pas le ménage, elle s'asseyait, soufflait pendant dix minutes en se projetant de l'air sur la figure, et me réclamait ses pantoufles.
Mais qu'étais-je vraiment aux yeux de cette femme ?
Mon père m'avait entre-temps offert un petit chien... Un griffon que j'avais appelé "Coquette". Cette chienne était vraiment ma petite compagne et je m'en occupais bien.
Mon père aimait les bêtes, à l'inverse de ma belle-mère, qui ne s'employait à parler à cette chienne que lorsqu'elle avait décidé de ne plus m'adresser la parole.
Madame avait, comme cela, des passages où elle pouvait rester une semaine entière sans m'adresser la parole pour autre chose que des invectives.
Cette façon qu'elle avait, alors, de prendre ma chienne et de lui parler, me peinait profondément.
Je le ressentais comme de la provocation. Mais je ne disais rien ; comme toujours.
En dehors de ces moments là, ma chienne était elle aussi son "bouc émissaire".
Comme je l'ai écrit précédemment, nous ne disposions pas de salle de bains dans ce logement. Elle fut installée après par la propriétaire des lieux.
Ainsi, lorsque je me lavais, c'était les pieds dans une bassine posée sur du papier journal, près de l'évier de la cuisine.
Le lavage des cheveux était un supplice auquel je n'échappais pas bien sûr... (je les avais mi-longs à cette époque).
Elle me courbait la tête dans l'évier, d'abord le shampooing, puis elle me versait des brocs d'eau - froide bien souvent - pour un premier rinçage au vinaigre et rinçage une dernière fois à l'eau froide toujours, sans ménagement bien entendu.
Ce souvenir m'a aussi "hantée" pendant des années. Ma peur de l'eau a mis longtemps avant de me quitter.
Cette femme abominable était prête à tout pour manifester son rejet total de ma personne.
Que lui avais-je donc fait ? Je n'avais pas demandé à être sur terre... Elle savait, en l'épousant, que mon père avait une fille (j'ai appris en 2008 qu'elle ne m'avait pas adoptée lorsqu'ils se sont mariés).
Le premier cadeau de fête des mères que je lui ai offert m'a été renvoyé à la figure avec un : "Je n'ai pas besoin de cela, et de toutes façons je ne suis pas ta mère". S.I.C.
(cf la page intitulée : "le cadeau").
Elle m'avait profondément blessée. J'ai avalé ma salive. Je n'ai rien ajouté.
Et si j'écris "j'ai avalé ma salive", ce n'est pas par hasard...
A l'école, la médecine scolaire avait notifié sur mon carnet de santé, à plusieurs reprises déjà : "absences en classe".
Non, je ne faisais pas l'école buissonnière. Mais, à l'âge de 8 ans, j'ai commencé à déclarer des malaises d'origine non identifiée.
Mon père négligea cette mention. Ma belle-mère aussi.
Ces alertes de la médecine scolaire devinrent de plus en plus insistantes sur mon carnet de santé, accompagnées de notifications confidentielles (que j'ai d'ailleurs encore chez moi).
Notifications en rouge, avec point d'exclamation à l'appui et injonction de m'amener chez un spécialiste.
J'étais donc proche de ma onzième année quand ce problème a enfin été pris en compte...
Le diagnostic est tombé : "crises d'épilepsie".
Plus tard, j'apprendrai que j'étais atteinte d'une épilepsie temporale droite, avec sclérose hippocampique. Epilepsie dite "rebelle", "complexe", "partielle".
J'en souffre encore aujourd'hui, étant résistante à toute forme de molécules médicamenteuses.
Cette femme m'avait vraiment forgée de façon telle que je résistais à tout.
Cela n'entravait en rien ma scolarité heureusement. J'étais toujours première de classe. Je devins seulement la risée de cette petite école primaire car il m'arrivait d'uriner durant une crise et de manifester des comportements incontrôlables et incontrôlés puisque j'étais totalement inconsciente l'espace de quelques minutes.
Je me souviens seulement d'un jour, où, dans une semi-inconscience caractéristique à ces crises, j'ai mis les pieds dans une poubelle en plastique ajouré qui trônait dans la classe. J'avais aussi perdu ma culotte... Hilarité totale dans les rangs évidemment.
A compter de l'identification de mes malaises, ma belle-mère a tout fait pour se déculpabiliser.
Les neurologues ne comprenant absolument pas comment, en faisant autant de crises (parfois 10 par jour), je n'avais rien d'apparent au cerveau qui justifie l'ampleur de ces malaises (une infime partie du lobe temporal droit était atteinte)... Ils en déduirent que j'étais trop stressée, trop anxieuse et tentèrent de comprendre mon mal-être.
C'est à ce moment que ma belle-mère invoqua l'alcoolisme de mon père, celui de ma mère (tant qu'à faire !) Subitement, ce fut comme si elle avait connu ma Maman, alors qu'elle refusait de m'en parler car "elle ignorait quelle femme elle était" ! Et pour clore le tableau, "ma mère avait fumé pendant la grossesse".
Bref, c'était donc la faute de ma mère si j'étais ainsi...
Jamais je n'ai pu supporter qu'elle salisse l'image de ma Maman dans mon esprit. Je pouvais tout accepter, mais ça, non !
Mais que faire, que dire ? C'était la gifle et les pires "répliques" à chaque fois.
J'étais donc "une tarée"... Pour reprendre ses termes.
Lorsque j'étais au plus mal, éprouvant sans cesse le besoin de boire un verre d'eau tant mes troubles étaient bizarres (des crises d'angoisse que je ne cernais pas à cette époque), elle me disait : "tu es bien la fille de ton père, toujours à boire !".
-:-:-:-:-
Je me consolais avec ma petite chienne.
Laquelle, quelques temps après, déclara un comportement étrange.
Elle se plaçait brusquement sous un meuble, toujours le même, le meuble tremblait et j'essayais désespérément de déloger ma chienne de cet endroit...
Lorsque je parvenais à la "récupérer", elle tremblait, mettait un certain temps avant de retrouver un comportement normal.
Une visite chez un vétérinaire s'imposa alors.
A la description de cet étrange comportement, le vétérinaire fut catégorique :
- Ma chienne était épileptique... Elle aussi !
Seule solution aux yeux de ma belle-mère : l'euthanasie.
Ce fut "chose faite" immédiatement avec l'approbation du vétérinaire.
Je revois encore cette table blanche sur laquelle on avait posé ma petite Coquette, ma belle-mère qui la tenait avec le vétérinaire, et la piqûre fatale...
En dehors de cet acte que je considérais de barbare, je me suis alors demandé si ce n'est pas ce qu'elle aurait souhaité pouvoir faire avec moi.
Me piquer, se débarrasser de cette belle-fille encombrante que je représentais à ses yeux.
Que ma chienne soit subitement devenue épileptique n'était à mon sens pas "innocent"...
Les chiens ont un ressenti exacerbé et ma belle-mère ne devait pas être étrangère à tout cela.
Il me fut de toutes façons confirmé à maintes reprises par des professionnels de la santé - tous corps confondus - que même si j'avais une prédisposition à déclarer un jour l'épilepsie (ce que tout le monde a), cette femme était bien la responsable de mon état neurologique.
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Bonjour à vous qui passez ici...
J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.
J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.
Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...
Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.
Bien à vous toutes et tous.
Cathy.
NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".
J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).
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Bonjour
je suis arrivée a la fin de ce chapître , je reviendrais ce soir pour lire la suite
ecriture simple mais efficace , se lit facilement et qui retient l'attention du lecteur
une petite fille bien malheureuse et sous l'emprise d'une manipulatrice cruelle
je ne 'étonne pas de tant de séquelles
ce que l'on subit dans la petite enfance est une trace indélébile avec répercussion pour la vie entière
Amitiés
Bonjour Line,
Merci pour ta venue sur ces pages ; je suis sensible à ton commentaire. Je voulais narrer tout cela en essayant de maintenir un côté "facile à lire". Si c'est le cas tant mieux.
Les commentaires sont importants en ce sens là aussi... Savoir si l'écriture "passe bien".
Pour le côté "vécu", évidemment, en lisant tout cela on comprend mieux pourquoi je suis telle que je suis et comment j'ai dû lutter contre cette odieuse femme, qui m'a marquée à vie en effet.
Ces écrits me font du bien. Merci d'y venir.
Amitiés et à bientôt,
Cathy.
Bonjour Solange,
J'arrive à ces pages de ta vie où le caractère de cette femme horrible se dévoile, je suis assez sidérée que personne n'est prété plus d'attention à tes symptômes qui étaient répétés et qui auraient pu être dangereux pour toi, décidemment la violence revêt de multiples visages et cette femme qui aurait presque voulut se débarrasser de toi comme de se pauvre chien qu'elle a du rendre malade lui aussi avec son comportement tyranique, et toi dans tout cela tu cherchais tout de même à être aimée et c'est normal, car les enfants se rejettent la faute sur eux-mêmes quand ça ne va pas...Toutes ces privations, ces interdits, ces brimades sont bien cruelles pour une petite fille et comment ne pas laisser de séquelles dans sa vie plus tard...
toutes les formes de maltraitances sont ignobles et devraient être punis par la loi...
Je te laisse pour aujourd'hui...
Amicalement...écéa.
Bonjour Ecéa,
C'est en obtenant mes papiers "personnels" lorsque j'ai quitté cette femme, que je me suis aperçu que trois ans s'étaient passés entre ces malaises et ma prise en charge. Je me souviens très bien, par contre, que le médecin qui m'avait vue (pas un neurologue) avait envisagé l'hypothèse que ce soit dû à la puberté ! Ce n'est qu'après, que l'on m'a amenée chez un neurologue, puis chez un autre, etc...
Ces formulaires de la médecine scolaire sont assez édifiants car cela fait penser à un carnet de correspondance sur lequel on note en rouge ce qu'un élève n'a pas ou mal fait !
C'est vraiment grâce à l'école que j'ai été prise en charge... Moi je ne me rendais compte de rien puisque c'était ce que l'on appelait des "absences", qui se sont empirées au fil du temps faute de traitement.
Quant à mon chien, elle a été ignoble avec lui. Cette femme ne supportait rien ni personne. Et moi j'essayais d'être aimée comme tu le dis. Je l'ai toujours appelée "maman". Maintenant j'ai de la difficulté à dire "belle-mère" quand je parle d'elle...
J'ai toujours eu l'impression de déranger et encore maintenant. Même avec mes propres enfants. Jamais je ne vais chez quelqu'un à l'improviste et quand je suis invitée je suis partagée entre deux sentiments : contente et peur de franchir la porte !
Ce fut de la torture morale en plus de certains sévices physiques (toujours bien "calculés" pour ne laisser aucune trace visible).
Aujourd'hui cela ne passerait plus et ce voisin qui savait ce qui se déroulait chez nous aurait pu le dénoncer. Il ne l'a pas fait.
Je l'ai revu, bien plus tard, dans un centre des impôts. Il y travaillait... Il m'a reconnue, m'a parlé mais m'a simplement dit : "je me souviens bien de vous". Tu m'étonnes !
Je crois que cette femme a reporté sur moi la haine qu'elle avait pour mon père.
Il y a un secret derrière toute cette histoire. J'y viendrai.
Merci pour ta lecture, Ecéa. Je vais poursuivre ton écrit aussi.
Amitiés et bisous,
Cathy.
Quelle enfance toi aussi!
Et une belle saleté de maladie, j'ai une belle soeur atteinte.
Le supplice de la toilette devant tout le monde, j'ai connu, et les shampoings , allongée sur une espèce de table large de 30 cm, l'horreur, j'avais mal et si peur, c'était ma mère pourtant!!!
Bisous
Bonsoir Paquerette,
Cela peut se concevoir d'une belle-mère (même si je ne trouvais pas cela normal), mais d'une mère...
Elle peut se féliciter de m'avoir cassé la santé en effet. Tous les thérapeutes que j'ai vus sont formels. Tout vient d'elle. Je les ai toujours ces crises et suis toujours sous traitement. Mais je gère du mieux que je peux. J'espère que ta belle-soeur y arrive aussi car ce n'est guère évident.
Je vais écrire demain le chapitre sur le début de ma thérapie par l'hypnose... J'ai vu que tu l'évoques dans ton blog.
Tout comme toi j'en ai essayé plusieurs formes tu sais...
Merci pour ta lecture et ton commentaire.
Bisous,
Cathy.
Les mots, les pages qui défilent et nottre passé qui surgit... là.... je te'mbrasse très fort mon amie du fond de ma nuit....
Merci pour ton commentaire, Anne...
Bonjour Morgane,
Merci pour ton passage.
Bisous,
Cathy
J'ai pours uivi ma lecteure, etje suis confondu par tant d'horreur... Je reviendrai prendre connaisance de la suite, merci!
Merci Daninoune pour ta lecture.
A bientôt,
Cathy.
Pas facile tout ça !!! C'est bien de pouvoir écrire tout ce qui nous pèse, je l'ai fait également 8 ans après la mort successive de mon jeune frère et de ma Maman et cela a été une véritable thérapie, car je n'arrivais pas à expliquer oralement tout ce que l'on venait de traverser, les mots me faisaient défaut. Je t'embrasse très fort en te souhaitant une belle journée Cathy !
Bonjour Florinette,
Te voilà donc sur ce blog, où j'ai couché mon passé afin de rendre ma poésie plus "légère"... Même si parfois les souvenirs plus sombres se rappellent à moi dans mes poèmes (mais plus rarement depuis).
Ce blog est aussi un témoignage qui se veut, malgré tout, positif... Mais ce furent des années très douloureuses. Perdre une maman sans avoir eu le temps de la connaître laisse des traces indélibiles.
Je constate que tu as, toi aussi, utilisé l'écriture comme thérapie après deux décès successifs, dont j'imagine à quel point ils t'ont marquée.
J'ai vu sur ton blog l'information concernant le salon de la mort à Paris... J'aurais aimé pouvoir m'y rendre. De la mort on retire quand même toujours quelque chose. Mais cela réclame un long travail sur soi.
Merci beaucoup pour ta lecture et pour ce partage.
Je t'assure de mes amitiés et je t'embrasse,
Cathy.