Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 14:29

7) PREMIERS EMOIS

 

Après que j’aie quitté le collège, mon père et ma belle-mère se sont disputés mon entrée au lycée.

Cruel dilemme ! Me faire intégrer l’enseignement public (objectif de mon père), ou l’enseignement dit « catholique » (objectif de ma belle-mère).

Mon père gagna la partie… Nous étions alors en septembre 1973, j’avais 13 ans et demi, et mon entrée en classe de 3ème (puisque j’avais toujours cette année d’avance) ne fut pas des plus simples.

Je commençais bien sûr à éprouver certains sentiments lorsqu’un garçon me plaisait. Et j’ai ainsi vécu quelques émois bien souvent inavoués (en dehors de mon journal intime, sur lequel j’écrivais chaque jour – changeant la couleur de « ma plume » selon mon humeur ou les évènements du moment  -  j’ai toujours conservé mes carnets qui me furent très précieux durant quelques années !).

J’en souffrais car je ne savais pas exprimer mon ressenti et ces garçons restaient ainsi mes confidents d’un ou plusieurs jours...

De plus, je me sentais des plus « gauches », n’avais aucune confiance en moi, et restais persuadée que je ne pouvais plaire à personne.

Je ne comprends d’ailleurs toujours pas aujourd’hui l’effet que je produis sur les hommes et en reste généralement bien troublée lorsque l’on m’avoue une attirance particulière pour celle que je suis !

 

Cette année scolaire ne fut pas la meilleure. Passer ainsi d’un collège où il n’y avait que des filles, à un lycée mixte, a beaucoup perturbé mon travail. J’y ai rencontré également des élèves peu soucieux du respect du règlement. Beaucoup trichaient lors des devoirs surveillés…

Ce fut vraiment une année désastreuse, que j’ai complètement ratée ou presque ! La décision du conseil de classe fut donc sans appel :  redoublement.

Rien de grave dans la mesure où je ne perdais rien de ma scolarité. Si ce n’est l’avance que j’avais prise quelques années auparavant.

-:-:-:-

 

A la fin de cette année scolaire, fin juin 1974, le lycée organisa une journée « inter-scolaire », au cours de laquelle professeurs et élèves disputaient des matches de football, ou autres épreuves qui se déroulaient en extérieur.

Plusieurs autres établissements scolaires publics se joignirent donc à cette rencontre…

 

J’étais là, assise dans l’herbe de ce terrain de sports, spectatrice d’un match de football, lorsqu’un petit groupe de filles et de garçons s’approcha de moi.

J’ai alors croisé le regard d’un garçon assez grand, cheveux d’un brun foncé, stature élancée… Il me fixa, m’adressa la parole, se joignit à moi sur cette pelouse. Ce fut le coup de foudre !

Il avait 16 ans, faisait partie d’un club d’athlétisme de ma commune, et était déjà à ce moment là en compétitions de haut niveau.

J’allais donc, avec lui, vivre mon premier amour d’adolescente… Ma première expérience sexuelle aussi.

Cette découverte de l’amour fut particulièrement troublante, compte tenu de mon vécu.

Ainsi, lorsqu’eurent lieu les premières approches physiques, je me sentis mal à l’aise. J’eus bien sûr l’impression de faire « quelque chose de mal – de sale ».

Mon partenaire en fut surpris. Je lui expliquai mon trouble.

Sa délicatesse me permit de me laisser aller à cette étreinte « juvénile »…

Il est de ces détails que l’on n’oublie pas ; ceux-là restent parmi les meilleurs souvenirs de mon adolescence.

 

Mais comment vivre cette histoire ? Comment faire accepter cela à mon père et à ma belle-mère surtout ! Sans évoquer quoi que ce soit de cette relation physique.

De son côté, ce garçon avait un père particulièrement autoritaire et rigoriste. J’appris plus tard que sa mère était alcoolique !

Nos rencontres eurent donc lieu, tantôt chez moi, tantôt chez lui. Son père m’appréciait, quant à sa mère elle se contentait de boire son vin rouge « en cachette » dans la cuisine…  Elle n’a cependant jamais été désagréable avec moi, loin s’en faut.

Pour les rendez-vous chez moi, ma chambre étant accessible par chacun puisqu’elle se trouvait dans le prolongement de la salle à manger et ne disposait d’aucune porte, le fait de s’asseoir sur mon lit, tous deux adossés au mur, ne pouvait engendrer aucun « dérapage ».

Ma belle-mère eut bizarrement cette année là, l’idée de faire pousser du persil dans un pot qu’elle situa sur le rebord extérieur de la fenêtre de ma chambre.

Ainsi, lorsque j’étais là avec mon ami, venait-elle toutes les demi-heures arroser et vérifier son persil ! Nous nous en amusions discrètement, loin d’être dupes de ses agissements !

Cette relation ne lui convenait pas vraiment. Mais mon père avait donné son approbation.

Et si elle nous surveillait constamment, je crois surtout qu’elle se demandait quel sentiment pouvait bien m’habiter ! J’étais amoureuse comme jamais je l’avais été et cela ne pouvait pas passer inaperçu.

Comme je l’ai expliqué dans un article précédent,  ma belle-mère ne s’étant jamais offerte à mon père, que pouvait-elle comprendre à l’amour, à nos gestes tendres, notre complicité et nos rires ?

Car avec lui, je riais… Son humour faisait aussi son charme et j’avais besoin de cela.

Combien d’obstacles ce garçon a-t’il contourné pour venir me voir ! Allant même jusqu’à faire parfois des allers-retours d’un lieu de compétition à mon domicile avant de rentrer chez lui. Pour passer quelques heures avec moi.

Notre histoire d’amour dura neuf mois… Jusqu’au jour où il m’annonça qu’il s’attachait de trop et qu’il préférait cesser cette relation ne se sentant pas prêt pour le mariage !

Je ne lui demandais pas le mariage ! Pourquoi cette réaction soudaine ? Je n’ai pas compris… J’en fus très malheureuse.

Nos chemins se séparèrent, même si je sentis qu’il regrettait déjà cette rupture.

Mais ainsi va la vie… Elle réserve cependant quelquefois bien des surprises. L’avenir nous le prouvera !

 

-&-&-&-

 

 

 

 

 

 

Par pourquoi-taire.over-blog.com - Publié dans : L'adolescence - Communauté : trop dure la vie....
De vous à moi - ne gardez pas le silence - Voir les 4 commentaires
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Commentaires

Je me suis toujours demandé quel plaisir a t on a detruire quelqu'un.

Commentaire n°1 posté par Francois Lagane le 25/08/2010 à 12h08

C'est une excellente question...

La rancoeur, dans son cas.

La colère d'avoir épousé un homme qu'elle croyait "mieux" qu'elle l'avait imaginé... Mais moi je gênais, c'est manifeste. J'ai tout pris dans la figure. C'est sur moi qu'elle a jeté son dévolu.

Et comment supporter qu'une adolescente parvienne à vivre ce qu'elle-même ne savait pas donner à son mari ?

La suite est bien édifiante croyez-moi.

Merci pour cette lecture.

A bientôt,

Cathy.

Réponse de pourquoi-taire.over-blog.com le 25/08/2010 à 15h07

 

J’eus bien sûr l’impression de faire « quelque chose de mal – de sale ».

Eh bien encore un point commun, étrange ressemblance dans nos deux histoires

bisous

Commentaire n°2 posté par Paquerette le 08/09/2010 à 22h56

Et cela peut perdurer longtemps...

Même si notre parcours n'est pas le même, il y a des "ressemblances" sur certains points en effet.

Merci d'être passée.

Bisous.

Réponse de pourquoi-taire.over-blog.com le 09/09/2010 à 10h26

Ah, je crois comprendre à la fin du récit, qu'il y a une surprise pour plus tard.  C'est vrai que les premiers émois, c'est une période difficile, et en te lisant, quelques souvenirs me reviennent en mémoire (lol)

A la prochaine!

Commentaire n°3 posté par VIENS CZ DANINOUNE le 27/11/2010 à 17h52

Bonjour Daninoune,

Je n'ai plus beaucoup eu le temps d'écrire depuis quelques jours, même en poésie, je te prie donc d'excuser mon retard de réponse.

Je constate que tu continues de suivre cette histoire et je t'en remercie... Les surprises sont bien différentes de celles que tu imagines... Mais...

Merci à toi et bonne lecture.

J'essaie de passer te voir.

A bientôt.

Cathy.

Réponse de pourquoi-taire.over-blog.com le 01/12/2010 à 12h36

Bonsoir Cathy,

 

Je ne connaissais pas ce blog, c'est ton poème qui me l'a fait découvrir, bien que Sabine m'en avait parlé mais je n'avais pas vraiment cherché.

J'avais bien compris que tu avais un lourd secret à porter et ue tu en laissais échapper dans tes poèmes de grands lambeaux si je puis dire.

Mais de là à dcouvrir ce que je viens de lire j'en suis bouleversée...

 

Je vais m'arrêter à pour ce soir, ou plutôt ce matin....Quand je te lirais désormais je ... comprendrais mieux qui tu es et les plaisirs, joies que tu as et que tu donnes à ton petit fils....

 

Je t'embrasse fort.

 

Joëlle (mon pseudo ne va pas ici avec tes écrits)

Commentaire n°4 posté par EvaJoe le 18/04/2011 à 00h56

Bonsoir EvaJoe,

Quand j'ai ouvert ce blog, je l'ai fait pour me décharger de cette histoire et apporter un témoignage aussi.

J'ai eu une enfance très difficile, et je voulais dénoncer certains agissements d'adultes, car ceux-ci conditionnent toute une vie.

Ce blog m'a aussi permis de rendre ma poésie plus "légère", mais de temps à autres un poème relate quand même certaines séquelles.

Ceux qui ont lu cette histoire se demandent comment j'ai pu tenir et surmonter tout cela. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles je vis très mal ce qui s'est passé récemment.

Je ne sais si tu as tout lu, mais si tu continues ta lecture jusqu'au bout tu comprendras mieux ce que la jalousie peut faire de ravages. Même si, quelque part, tu en es déjà consciente bien sûr.

J'ai aussi évoqué mes séances d'hypnose qui peuvent être un bon "éclairage" pour certains.

Merci pour ta lecture et pour ton commentaire. Je ne veux pas sombrer dans le misérabilisme comme je l'écris souvent, mais certaines choses doivent être dites pour que l'on cerne davantage quelqu'un.

Je t'embrasse,

Cathy.

Réponse de pourquoi-taire.over-blog.com le 19/04/2011 à 19h46

Présentation

Profil

  • pourquoi-taire.over-blog.com
  • La poupée et le chien
  • Agée de 51 ans, j'éprouve depuis longtemps le besoin d'expliquer mon histoire. Celle d'une petite fille que la mort de sa maman a détruite à l'âge de 4 ans... Ecriture exutoire, sans misérabilisme. Mais récit assez édifiant.

Pourquoi ce blog ?

Dame Hélène 

 

Bonjour à vous qui passez ici...

 

J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.

 

J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.

 

Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...

 

Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.  

 

Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.

 

Bien à vous toutes et tous.

 

 

Cathy. 

 

 

 

NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".

 

J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).

 

Nostalgie de l'enfance

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