Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 18:44

 

4) LE DEBUT DES FRAYEURS

 

 

Dans cette maison dont le logement se situait à l'étage, le hall d'entrée laissait place à un grand escalier de bois qui me paraissait immense.

 

Dessous, mon père et sa femme y logeaient les bouteilles de vin, et tous éléments "qui n'ont pas leur place dans un intérieur".

 

C'est sans doute ainsi que ma belle-mère voyait les choses. Raison pour laquelle c'est moi qu'elle envoyait généralement dans ce "réduit" sombre et déprimant à souhaits qui me glaçait.

 

Ma crainte était qu'elle me demande cela le soir, lorsqu'il faisait noir... J'avais eu beau lui dire que j'avais peur du noir. Rien n'y faisait. Elle criait, me disputait, me frappait jusqu'à ce que je descende en pleurant chercher ce dont elle avait besoin.

 

Je remontais le plus vite possible, craignant toujours qu'un intrus, sorti d'on ne sait où me poursuivrait...

 

Cette terreur est toujours restée. Aujourd'hui encore, à 50 ans, je crains de descendre la nuit dans le noir et surtout... De remonter l'escalier ! C'est horrible.

 

 

Ce qui n'arrangeait guère la  situation, ce sont ces cris que j'entendais depuis ma chambre, chaque soir, lorsque nous étions couchés.

 

La chambre de mon père et de sa femme était située sur le palier, en haut de l'escalier. La mienne à quelques mètres de là... Avant la salle à manger et la cuisine.

 

Des disputes dont je ne discernais pas les propos. Mais à chacune d'elles la fin était identique : mon père quittait la chambre en claquant la porte, passait dans la mienne pour rejoindre la cuisine.

 

Je m'endormais, jusqu'au petit matin où je le trouvais, face au miroir de la cuisine, il se rasait scrupuleusement (nous n'avions pas encore de salle de bains).

Ma belle-mère était bien souvent ailleurs dans le logement. Je ne comprenais rien !

Tous deux partaient au travail. De mon côté j'allais à l'école.

 

A table, le soir, les disputes reprenaient de plus belle. Pour une bricole, un mot de travers, un souci d'argent, que sais-je...

 

J'en étais arrivée à un point tel que je préparais, dans mon esprit de petite fille de 8 ans (déjà !) toutes sortes d'histoires qui pourraient faire diversion, dès que je sentirais le ton monter.

Je pressentais les disputes... J'intervenais.

Parfois cela produisait son effet. Le calme revenait. Mais jamais très longtemps.

 

Il en fut ainsi pendant plusieurs années.

 

Mais que se passait-il dans ce couple pour que les disputes fusent ainsi ?

Pourquoi en étaient-il arrivés à se haïr, au point qu'un jour ils en vinrent au couteau de cuisine ?

Oui, nous en étions là. Ma belle-mère tenait bien un couteau de cuisine le jour où elle empoigna mon père ! Elle le griffa au visage avec une rage telle qu'il en a gardé une balafre sur la joue gauche.

Cela s'est passé la veille de ma communion solennelle...

 

Je hurlais tellement souvent que j'effrayais le voisin et son épouse. Un soir, il est venu sonner chez nous.

Je me suis réfugiée là, chez ce couple, à chaque dispute spectaculaire. Je m'enfuyais.

Un jour, ma belle-mère m'a bloqué la porte de sortie du couloir.

Je suis passée par une fenêtre. Sautant sur un toit d'un garage adjacent...

La panique !

 

Cette femme était d'une violence inouïe. J'étais perdue dans les méandres de ce couple que l'amour semblait finalement n'avoir jamais rejoint vraiment.

 

Mes seules échappatoires :

 

- l'école, où je me sentais en sécurité, j'y étais bien,

- mes devoirs que je faisais dans ma chambre le soir, avant que ma belle-mère rentre de son travail.

 

J'étais studieuse. Très studieuse. Mais le ménage devait passer avant tout.

 

En rentrant, Madame, vérifiait si tout avait été nettoyé.

 

Un soir, j'étais à mon bureau, elle vint dans ma chambre avec un ramasse-poussières, fit le geste de poser la brosse pour constater que quelques infimes particules de poussières environnantes s'étaient redéposées au sol (du parquet).

 

Elle me prit violemment par le bras, me tira de ma chaise, me fit tourner comme une girouette en me criant (excusez du peu) : "sale bête, garce, putain"... Et me plaqua contre mon lit, ou je m'écrasai abasourdie sans rien comprendre à son geste.

 

Je la craignais, elle me violentait et je ne disais rien.

Mon père était au café. Celui où il avait "élu domicile" avant de rentrer, ivre bien sûr.

 

Mon père a sombré dans l'alcool très jeune... J'ai, plus tard, compris que cette femme refusait de s'offrir à lui.

 

Un mariage "non consommé", comme l'on dit vulgairement.

 

Ce qui peut d'ailleurs expliquer aussi, pourquoi cette femme avait - avant de connaître mon père - été mariée trois mois seulement, pour divorcer ensuite.

 

 

 

-§-§-§-§-

 

 

 

 

 

Par pourquoi-taire.over-blog.com - Publié dans : Frayeurs et violence - Communauté : trop dure la vie....
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  • pourquoi-taire.over-blog.com
  • La poupée et le chien
  • Agée de 51 ans, j'éprouve depuis longtemps le besoin d'expliquer mon histoire. Celle d'une petite fille que la mort de sa maman a détruite à l'âge de 4 ans... Ecriture exutoire, sans misérabilisme. Mais récit assez édifiant.

Pourquoi ce blog ?

Dame Hélène 

 

Bonjour à vous qui passez ici...

 

J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.

 

J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.

 

Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...

 

Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.  

 

Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.

 

Bien à vous toutes et tous.

 

 

Cathy. 

 

 

 

NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".

 

J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).

 

Nostalgie de l'enfance

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