Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 11:30

46) LA LOI DES SERIES

 

 

Ma belle-mère, à jamais disparue, laissera cependant dans mon esprit une trace indélébile.

 

Aujourd'hui encore cette épreuve d'Octobre 2008 me "hante" et si je n'avais eu de témoins à l'étrangeté de sa mort, personne, je crois, ne m'aurait crue.

 

Comment oublier ? Comment imaginer qu'une personne puisse être à ce point dotée d'un tel machiavélisme ? D'une telle perfidie ?

 

Dans le même temps, le père de mon cousin était toujours hospitalisé à Valenciennes.

 

Le diagnostic des médecins avait été sans appel. La moitié de la jambe était amputée.

La dernière fois que nous avons pu l'approcher, il manifestait encore de la bonne humeur, comme pour nous dire : "ne vous lamentez pas. Je supporterai cette épreuve". 

 

Peu de temps après, il fut atteint d'une pneumonie. Nous ne pouvions plus le voir qu'à travers une paroie vitrée. Son épouse, mes cousins, mon mari et moi étions consternés et nous nous sentions véritablement impuissants face à cette maladie.

 

C'est la pneumonie qui l'emporta fin Novembre 2008. Il avait le visage serein... Mais il plongea la famille entière dans une tristesse absolue. Il était âgé de 81 ans.

 

Je n'ai pas laissé mon cousin dans sa détresse morale. Je l'ai épaulé et suis restée à ses côtés jusqu'aux obsèques, qui se déroulèrent de façon totalement différente de celles de ma belle-mère.

 

Cet homme, ancien fermier, né dans ce village, était connu de tous, admiré aussi pour son courage et sa bonne humeur.

Pour les jeunes, et les moins jeunes, il avait créé une association sportive : le football était sa passion, il l'avait transmise à ses fils et aux habitants du village.

 

C'est ainsi, qu'au funérarium, nous vîmes défiler multitude de personnes particulièrement éprouvées. Nous assurâmes, tour à tour, les "permanences" avant les funérailles, tant les visites furent nombreuses.

 

L'incinération (puisque tel était son souhait) eut lieu quelques jours après. 

La photo déposée sur son cercueil laissa de lui l'image d'un homme bon, rieur, généreux de coeur et d'esprit... Il y eut foule et les ultimes passages devant son cercueil s'éternisèrent...

 

S'ensuivit un repas, dans la salle des fêtes du village, au cours duquel nous évoquâmes son souvenir, mais dans la bonne humeur et la convivialité... A son image... Comme il l'aurait voulu. Chacun l'avait compris ainsi et le respecta.

 

Mes cousins restèrent alors seuls avec leur mère, dont l'état de santé n'était guère brillant. Elle décida cependant de continuer d'occuper cette ferme où elle avait vécu tant d'années avec son défunt mari. Une ferme dont il ne restait plus, depuis longtemps bien sûr, que l'habitation. Les "dépendances" étaient à l'abandon. Seul un potager persistait, jouxtant la maison de mon cousin. Un potager qu'il continue encore d'entretenir.

 

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Ces deux deuils consécutifs m'avaient fortement épuisée nerveusement. La fin d'année approchait, les fêtes également. Mais le coeur n'y était pas bien sûr.

Mes enfants avaient suivi, de plus loin, ces deux épreuves dont ils avaient été informés par mes soins. Mais j'avais tenu à les laisser à l'écart de cela. L'aîné travaillait et le plus jeune poursuivait son cursus universitaire.

 

Le réveillon de Noël allait se dérouler avec eux, chez nous.

 

Nous avions cependant reçu une invitation de nos amis demeurant près de Bordeaux. Leur souhait était que nous passions une dizaine de jours à leur domicile, après les fêtes de Noël et jusqu'au 5 Janvier 2009. Mon mari et moi acceptâmes. Cela ne pouvait que nous faire un peu de bien.

 

Mais un autre évènement survint.

 

Le décès de mon ex-beau-père (le père de mon ex-mari) me surprit vers la mi-Décembre 2009.

 

Je savais qu'il avait eu quelques ennuis de santé, des chutes notamment, des fractures, un souci cardiaque aussi, mais j'ignorais que depuis quelques temps il souffrait d'un grave problème de circulation du sang.

 

Mon plus jeune fils m'annonça son décès et me prévint du jour des funérailles.

Ayant toujours conservé de bons contacts avec cet homme et mon ex-belle-famille, je me rendis seule aux obsèques.

 

Arrivée à la porte de l'église, je déposai furtivement ma plante près des autres gerbes. Je n'avais pas l'intention d'entrer immédiatement dans l'église, préférant laisser la famille se rassembler à l'intérieur, près du cercueil.

 

Mes ex-beaux-frères et belles-soeurs vinrent cependant vers moi, m'embrassèrent et me dirent sans s'être concertés :

 

- "Tu sais, saches que jusqu'à sa mort il nous a toujours parlé de toi en nous disant que jamais nous ne devions oublier tout ce que tu as fait pour Maman. Il t'en a toujours été reconnaissant. Merci d'être venue".

 

Ces propos, je les avais déjà entendus maintes et maintes fois... Oui, j'avais fait beaucoup pour leur mère qui était atteinte de la maladie d'Alzheimer. Jamais ils n'avaient voulu entendre ce "diagnostic potentiel" que j'avais soupçonné à l'époque. Ils m'avaient même rejetée durant un moment. Et depuis lors étaient revenus à de meilleurs sentiments...

 

L'essentiel pour moi était d'avoir suivi mon instinct. Celui qui m'avait guidée pour assurer le bien-être de cette femme que j'aimais profondément. Que nous avions, depuis lors, enterrée elle aussi... Son mari partait la rejoindre, presque 4 ans après.

 

Les funérailles terminées, mon ex-mari et son épouse vinrent me saluer. J'emmenai mon plus jeune fils en voiture vers le cimetière. Et je repris ensuite le chemin vers mon domicile.

 

Exténuée nerveusement, mal, mais satisfaite intérieurement d'avoir pu accompagner cet homme vers sa dernière demeure, je songeai à me reposer un peu.

 

La soeur de mon mari, quant à elle, luttait toujours contre ce cancer des intestins, mais la chimiothérapie semblait produire son effet. Malgré tous ces évènements, nous allions la voir régulièrement.

 

Peut-être allais-je enfin pouvoir songer sereinement à Noël et à ce départ chez nos amis ?

 

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Un matin de Décembre 2008, peu après le décès relaté ci-dessus, j'étais occupée au ménage. Mon mari était face à l'ordinateur.

 

Je m'approchai de lui alors que je passai la serpilière sur le sol et il me dit :

 

- "Je t'ai inscrite sur facebook, ton mot de passe est le suivant...".

 

Circonspecte et mécontente à la fois de cette initiative dont il ne m'avait pas parlé, je lui répondis :

 

- "Mais pourquoi as-tu fait cela ? Je ne veux pas apparaître sur ce site. Je n'y vois aucun intérêt, retire-moi de là de suite. Tu aurais pu m'en parler avant !".

 

Il me répondit :

 

- "Tu vas y retrouver d'anciennes copines et cela te changera les idées, tu verras, tu seras contente".

 

Le ton monta, je m'énervai, il maintint sa position - comme toujours - et ne voulut rien entendre.

 

S'ensuivit une dispute, et je ne parvins absolument pas à lui faire entendre raison.

 

Fermement décidée, néanmoins, à ne jamais consulter ce site, je finis par clore cette discussion stérile.

 

Mon mari se montrait depuis bien longtemps obstiné, constamment persuadé qu'il avait raison, n'écoutant que lui, et tout cela m'agaçait profondément et agissait aussi beaucoup sur mon état nerveux.

Mais j'en prenais mon parti. Même si j'en souffrais beaucoup.

 

Les jours passèrent, peu nombreux avant que je reçus, dans ma boîte de messagerie, un mail m'indiquant qu'un certain "Mr T." m'avait laissé un message, consultable sur le site en question.

 

Interloquée, je consultai ce message et je vis :

 

- "C'est bien toi ? Si c'est cela j'aimerais avoir des nouvelles de toi", etc...

 

Message, certes, laconique, mais qui me plongea dans une profonde émotion.

 

Mais comment donc, cet homme avait-il pu me retrouver encore une fois ?

 

Il s'agissait de celui qui fut mon premier amour d'adolescente. Celui qui m'avait déjà recontactée 17 ans plus tôt environ sur mon lieu de travail.

 

Mon mari vit, bien sûr, mon émotion et m'interrogea.

 

Spontanément je lui répondis que le premier à m'avoir contactée depuis le site sur lequel il m'avait inscrite était un garçon que j'avais connu en 1975.

 

Cela ne lui plut que très moyennement, il me demanda qui il était et j'ajoutai qu'il s'agissait de mon premier petit ami.

 

Le voilà qui était pris à son propre jeu, et moi plongée dans l'embarras le plus total !

 

Que faire ? Renoncer à lui répondre ? Ne pas céder à ce désir de rétablir moi aussi le contact ?

Cela je l'avais fait pour mon précédent mari déjà. Cette fois, sans arrière-pensée aucune, je me dis que j'avais droit à ce contact. La vie nous avait déjà deux fois séparés, le destin semblait vouloir nous réunir pour la seconde fois. Je n'écoutai que mon instinct. J'allai lire son message...

 

 

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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 17:21

47) CETTE FAMEUSE ANNEE 2009

 

 

Je ne cache pas mon angoisse, à l'idée de voir s'ouvrir une nouvelle fois la page d'une histoire, que je croyais définitivement fermée depuis dix-sept ans. 

  

J'allais avoir 49 ans et cet homme (appelons-le "M.T."), qui revenait à nouveau vers moi était de deux ans mon aîné. Tant de choses peuvent arriver durant autant d'années. Que me voulait-il ? Qu'était-il devenu ?

 

Je lui répondis donc en messagerie privée sur le site en question, lui indiquant que "oui, c'était bien moi sur la photo et que je m'étonnais de le revoir là après toutes ces années".

 

Pratiquement aussitôt, il me donna son adresse mails en m'expliquant qu'il s'était remarié en 2004, était grand-père d'une petite-fille de deux ans et qu'une seconde naissance devait intervenir courant Février 2009 chez son unique fille.

 

Il m'expliqua aussi avoir repris des études de commerce en 1994 durant trois ans pour obtenir un autre diplôme et qu'il travaillait toujours dans la même société (une firme multi-nationale spécialisée dans l'alimentaire). Et je m'étonnai de lire en conclusion de son message :

 

- "Comment va ta santé ? Qu'est devenue ta belle-mère ?"... Toutes les questions que l'on pose à une personne, lorsque l'on connaît les problèmes qui furent les plus préoccupants pour elle.

 

C'est surtout cela qui m'interpella, je crois. "M.T." n'avait rien oublié. Ma pathologie, ma belle-mère qu'il avait bien connue et dont il savait le tort qu'elle m'avait causé.

 

Dans ma réponse, je lui précisai immédiatement mon remariage, l'endroit où je vivais et lui annonçai le décès de ma belle-mère (assez récent encore). Quant à ma santé, je ne lui cachai pas être toujours en proie à ces crises d'épilepsie.

 

Nos messages se succédèrent, et le dernier qu'il m'envoya mentionna son intention de nous inviter chez lui, mon mari et moi, afin que nous nous retrouvions et fassions la connaissance de son épouse.

Il fixa la date pour fin Janvier 2009 et me donna son numéro de téléphone personnel en sollicitant le mien.

L'idée d'une rencontre en couples me sembla correct et mon mari n'émit aucune opposition.

 

La date de notre départ chez nos amis de Bordeaux approchait, je précisai donc à "M.T." mon numéro de portable en lui expliquant que nous partions jusqu'au 5 Janvier 2009.

 

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Le 29 Décembre 2008, mon mari et moi prîmes la route en direction du domicile de nos amis.

 

L'accueil fut convivial, le réveillon de fin d'année se déroula dans la bonne humeur, chacun de nous apportant sa contribution aux achats pour le repas.

   

Le 4 Janvier, alors que mon amie de Bordeaux et moi étions seules (nos conjoints étant partis faire quelques courses), mon téléphone sonna...

 

C'était "M.T.", qui me surprit en me souhaitant un joyeux anniversaire et en me présentant ses voeux.

 

Ainsi, même la date de mon anniversaire il la connaissait encore.

De mon côté j'avais toujours la sienne en tête également, et m'étais d'ailleurs fait cette réflexion assez curieuse de voir qu'elle correspondait à celle de mon mari (en dehors de l'année qui les différenciait).

 

Curieuse coïncidence.

 

Cette conversation très courte nous permit de constater, l'un et l'autre, à quel point nous étions émus de nous entendre. Mais quoi de plus normal après tout ce temps ?  

 

 

Entre-temps, nous avions fêté la nouvelle année et mon anniversaire avec nos amis de Bordeaux, visité un peu les environs, mais ce séjour nous laissa un petit goût étrange...

 

- Cette femme s'était montrée très démonstrative, nous avait offert des cadeaux totalement inattendus, mais nous avait aussi rendus "témoins" de plusieurs altercations avec son mari.

 

Cela nous avait mis mal à l'aise et nous avait beaucoup peinés pour cet homme au demeurant très jovial et courageux (il était manifeste qu'elle le menait à la baguette, insistant souvent sur le fait qu'elle tenait les cordons de la bourse et que l'argent provenait d'elle et non de lui).

 

Il nous avait semblé indélicat qu'elle fasse état de tout cela devant nous à plusieurs reprises.

 

- Elle nous avait également emmenés chez sa Maman, à Arcachon. Cette dame, âgée de 90 ans, vivait dans une résidence pour personnes âgées. Elle y disposait d'un appartement individuel et nous avait invités dans le restaurant où elle prenait ses repas chaque midi.

 

Un lieu très luxueux et une dame totalement à l'opposé de sa fille. Son éducation et sa classe n'avaient d'égales que sa simplicité et sa gentillesse.

 

Arriva le jour où nous dûmes prendre la route du retour, non sans avoir contracté un virus compte tenu du temps extrêmement froid, et de l'état de santé de nos amis, déjà sous prescription médicale au moment de notre départ.

 

A notre retour chez nous, la grippe nous obligea à garder le lit durant près de quinze jours.

 

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Après notre rétablissement, nous nous inquiétâmes de l'état de santé de la soeur de mon mari (toujours en chimiothérapie eu égard à ce cancer du côlon), et mes fils vinrent nous rendre visite également.

 

L'aîné, travaillait toujours dans la même société d'infographie où il était chargé de la gestion des commandes et occupait encore son appartement situé dans l'agglomération Lilloise.

 

V. m'annonça sa rupture avec son petit ami et sa rencontre avec un homme de 15 ans son aîné. Ce dernier envisageait de retourner au Portugal, où vivait toute sa famille, sans exclure toutefois l'hypothèse de venir s'installer avec V. dès qu'il trouverait du travail près de Lille.

 

Cet homme exerçait dans la coiffure, avait donc 35 ans, et nous fîmes sa connaissance quelques temps plus tard.

Un garçon charmant, très courtois, discret et disposant d'une grande culture. Le contact fut d'emblée très bon.

 

  

V. disposait alors de son petit appartement d'étudiant dans le centre de Lille. Un 30 m2 dans lequel son ami vint s'installer de façon provisoire en attendant de trouver un logement suffisamment grand pour eux deux.

 

Il abandonna son projet de retourner vivre au Portugal, et trouva immédiatement, compte tenu de ses expériences professionnelles précédentes, un poste de responsable dans une imprimerie près de Lille.

 

Pour mes enfants, tout suivait donc son cours normalement.

 

Arriva la date à laquelle nous devions nous rendre chez mon ami "M.T." et son épouse, à une centaine de kilomètres de chez nous.

 

Celui-ci nous avait fait parvenir un plan très détaillé pour le trajet et nous arrivâmes le jour dit, à l'heure fixée.

 

Je ne cache pas la crainte qui m'envahissait, que je n'avais d'ailleurs pas cachée à mon mari.

 

Face à l'adresse indiquée, nous eûmes à peine le temps d'arriver jusqu'à la porte, qu'un homme nous accueillit.

 

Je le reconnus immédiatement, il nous salua, me fit la bise et nous fit entrer dans le hall, où nous attendait son épouse.

 

Cette femme, âgée de 60 ans, me parut très accueillante et tous deux nous invitèrent à nous mettre à l'aise et à rejoindre le salon.

 

Nous évoquâmes brièvement les conditions de ces retrouvailles et la convivialité fut de mise tout au long de cette journée.

 

Je retrouvai celui que j'avais toujours connu, tant dans ses gestes que dans sa façon de s'exprimer... Mais je découvris aussi un homme dont l'évolution sociale ne passait guère inaperçu.

 

Responsable commercial, il passait la semaine dans la ville où il travaillait, ne rentrant que pour le week-end.

 

Son épouse assurait l'accueil téléphonique et la gestion des commandes dans une petite entreprise.

 

Très vite, la discussion nous permit de comprendre que "M.T." avait acquis cette superbe maison dont il était si fier, qu'il était propriétaire de son appartement dans la capitale, disposait aussi de plusieurs autres logements qu'il louait à des particuliers. Et qu'il avait acheté un bateau.

 

Evoquant son niveau de vie, tout en expliquant son évolution dans sa société, il ajouta :

 

- "Mais j'ai bien conscience que je peux devenir S.D.F. du jour au lendemain et je reste attentif à cela".

 

Ce fut, dans mon esprit, la seule ombre au tableau : il avait évolué, mais était devenu très matérialiste à mon sens et sous cet aspect là je ne le reconnaissais plus.

 

Je n'y fis cependant pas plus attention que cela. Je constatai.

 

De mon côté, je ne cachai pas ma cessation d'activités suite à un "burn out". Nous évoquâmes rapidement le déroulement de ma carrière professionnelle et tous deux comprirent que j'avais été abusée par mes employeurs.

 

Ma souffrance, à cet égard, était et est encore très perceptible. Cette épreuve m'ayant beaucoup fragilisée.

 

Mon mari fit preuve, durant cette journée, de beaucoup d'humour comme à son habitude et le contact passa très bien entre nous tous.

 

Au moment de nous séparer, une date fut prise afin que nous nous retrouvions le mois suivant, chez mon mari et moi cette fois.

 

Fin Février 2009, tous deux découvrirent notre petite localité et notre modeste demeure.

 

A l'inverse de ce qui s'était produit chez eux, je fus en cuisine pour un repas assez élaboré. Ceci sembla surprendre mon ami "M.T.", manifestement peu habitué à ce que son épouse s'occupe activement de l'organisation de la maison et des repas.

 

J'ignorais en effet que celle-ci manquait beaucoup d'habileté et comptait énormément sur lui pour tout. Ce que je compris au fil de nos rencontres et que mon mari remarqua très vite également.

 

Au cours de cette journée, nous leur fîmes visiter une curiosité du village. Cette découverte ne fut pas sans leur plaire et nos moments d'échanges semblaient s'orienter vers des lieux qui convenaient à chacun et sur des discussions agréables.

 

Nos rencontres se firent de plus en plus régulières et nous en vinrent à nous voir à peu près tous les quinze jours.

 

Mon ami "M.T." avait cependant souhaité que je le voie seul afin que nous puissions parler ensemble des évènements passés, de façon plus tranquille.

Choses que nous n'avions pas encore abordées devant nos conjoints afin de ne pas les ennuyer avec notre histoire plus personnelle.

 

J'avoue que si l'idée en elle-même ne me déplaisait pas, je me demandais où pourrait bien se dérouler cette rencontre, fixée à la fin du mois d'Avril 2009.

 

Mon mari ne voyait pas cela d'un bon oeil, mais je ne tins absolument pas à lui cacher ce rendez-vous. Je sortais de toutes façons tellement peu seule qu'il ne pouvait qu'en être informé.

 

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Mais avant qu'arrive le mois d'Avril, je dus affronter un nouveau deuil.

 

La tante qui m'avait accueillie après la mort de ma Maman, décéda brutalement courant Février 2009 et j'en fus avisée par l'une de ses filles avec laquelle j'étais en contact occasionnellement (la seule qui ait quitté le Nord pour la Haute-Savoie).

Quant à ma tante, j'étais allée lui rendre visite plusieurs fois depuis mon remariage.  Elle avait emmenagé dans une petite résidence pour personnes âgées dans sa commune de naissance (près du logement qu'elle occupait avant). Une aide-ménagère venait régulièrement chez elle. Ses deux filles, encore dans la région, s'en occupaient aussi.

 

La dernière fois où je l'avais vue, je l'avais trouvée très amoindrie. Elle parlait difficilement et se déplaçait à l'aide d'un déambulatoire.

 

Quand je fus avisée de son décès, j'annonçai à ma cousine mon intention de me rendre aux funérailles. Ma peine était grande. Je revis une fois encore une partie de mon enfance défiler et tous les souvenirs que j'avais avec cette femme si aimante me revinrent en mémoire.

 

Le jour des funérailles, mon mari m'accompagna. Je n'avais pas revu mes trois cousines depuis plus de 20 ans, voire 30 pour celle de Haute-Savoie. Comment allais-je réagir face à cela ?

 

Ce fut une crémation. Ce qui ne m'étonna guère, ma Tante n'étant pas croyante.

 

Avant la "cérémonie" mes cousines et leurs conjoints me reconnurent sans hésitation. Je les embrassai, leur présentai mon mari. Un moment d'émotion pour nous toutes qui avions passé de si bons moments ensemble lorsque j'étais enfant.

 

La cérémonie fut empreinte d'émotion. Je retins difficilement mes larmes, surtout lorsque j'entendis mes cousines évoquer leur Maman. J'aurais, de loin, préféré parler de tout ce que cette femme m'avait apporté, plutôt que d'avoir à rédiger et à lire l'oraison funèbre de ma belle-mère quelques mois auparavant.

 

Après ces funérailles, il me fut proposé de participer au repas, mais je devais rejoindre mon fils aîné avec lequel nous avions convenu de passer quelques heures. Un rendez-vous prévu depuis quelques temps que je n'avais pas voulu remettre. 

Tous ces décès successifs me cassaient les uns après les autres et j'avais, je le crois, besoin de me changer un peu les idées.

 

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Dans le même temps, nous suivions toujours l'évolution de l'état de santé de la soeur de mon mari. Dire qu'il se stabilisait n'est pas le mot juste, mais nous avions l'espoir qu'elle viendrait à bout de ce cancer.

 

Une invitation nous avait été lancée par ce médecin avec lequel je correspondais depuis près de deux ans sur le net. Epileptique lui aussi, il semblait tenir, ainsi que son épouse, à ce que nous nous rencontrions.

 

Mon mari et moi nous apprêtions donc à partir dans le Cher pour un long week-end chez ce couple, lorsque l'état de santé de ma belle-soeur devint inquiétant.

Son époux nous demanda cependant de ne pas renoncer à notre projet.

Elle était hospitalisée et chaque jour nous appelions depuis le téléphone portable de mon mari pour prendre de ses nouvelles.

 

Les quelques jours dans le Cher se passèrent agréablement, malgré cette crainte constante concernant ma belle-soeur.

 

Ce couple, très accueillant, avait deux adolescents de 16 et 14 ans. Ce médecin discuta beaucoup avec moi de ses pathologies, son épouse s'orientant sur d'autres conversations avec mon mari.

 

Cet homme semblait souffrir beaucoup de sa cessation d'activités (il avait d'abord quitté ses fonctions d'anesthésiste en hôpital pour ouvrir son propre Cabinet médical, qu'il avait fermé également après s'être trouvé en invalidité). Son épouse était infirmière, retraitée, et l'avait connu dans cet hôpital où elle exerçait elle aussi.

Veuf, il s'était remarié. Un couple manifestement uni et des enfants très attachés à leur belle-mère.

 

Notre relation amicale perdura et un projet de vacances d'été ensemble fut évoqué.

 

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Le mois d'Avril approchait... Ma rencontre avec mon ami "M.T." allait avoir lieu elle aussi.

 

Par mails, nous avions convenu de nous donner rendez-vous sur un parking situé près d'un hypermarché, à une vingtaine de kilomètres de mon domicile.

 

Pour moi, c'était ainsi plus facile d'y accéder en voiture.

 

Selon le temps, nous verrions où nous pourrions nous rendre.

"M.T." semblait opter pour la mer.

 

Nous aviserions le moment venu, en fonction du temps bien sûr...

 

 

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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 17:51

48) RESURGENCES ET REALITES DU PRESENT

 

 

Mon départ pour ce rendez-vous avec "M.T", le 24 Avril 2009, m'angoissa terriblement. Mon mari n'apprécia déjà guère qu'il me faille partir tôt pour être à 9 h sur place. Je ne me sentis donc apaisée qu'à compter du moment où je fus dans ma voiture. Cette voiture représentait aussi pour moi une forme d'indépendance que je n'avais plus depuis longtemps. Mon ex-mari m'en ayant privée durant des années. Conduire était ma liberté. 

 

Arrivée sur le parking au lieu dit, je me garai et vis au loin un homme en costume noir. Il traversa pour venir à ma rencontre, me demanda immédiatement si j'allais bien et me fis la bise en me disant sa joie de me voir là, seule avec lui.

 

Contente, je l'étais aussi bien sûr, nous avions tant à nous dire, mais la crainte de ne savoir contenir mes émotions m'envahissait.

 

Immédiatement il me proposa de laisser là ma voiture, de monter dans la sienne et me demanda si la destination vers la mer me convenait. J'acceptai et montai dans son véhicule.

 

Je retrouvai le garçon assuré que j'avais connu et auprès duquel je me sentis confiante pratiquement instantanément. Sa joie était d'autant plus manifeste qu'il engagea toutes les conversations de manière enthousiaste. De mon côté, je me montrai plus réservée. Sans doute avais-je trop de questions à lui poser auxquelles j'avais besoin de réponses.

La première étant, bien sûr, de savoir pourquoi il m'avait quittée en 1976 après les neuf mois passés ensemble.  

 

Nous fîmes une petite "étape" dans un village proche de la mer, où il me proposa un café. Dans ce lieu où peu de clients étaient présents, nous échangeâmes sur les circonstances de nos retrouvailles.

 

Il les devait finalement à mon mari, celui-ci m'ayant inscrite sur ce site public sans mon avis. Cela le fit sourire dans la mesure où il m'avoua m'avoir cherchée durant longtemps et il ajouta :

 

- "J'ai tout essayé à partir de ton nom de jeune fille, ton nom marital, la ville où tu habitais avant, mais forcément je ne pouvais rien trouver puisque tu avais quitté la France et étais remariée".

 

Indéniablement, ces retrouvailles il les voulait vraiment et depuis bien longtemps.

 

La météo était clémente et arrivés au bord de la mer nous marchâmes longtemps sur la digue, tout en échangeant nos souvenirs. Puis il décida de retourner vers sa voiture pour se changer et mettre une tenue plus décontractée.

 

Pour ce faire, nous rentrâmes dans un petit café où il partit vers les toilettes et revint en m'expliquant qu'il n'avait pas prévenu son épouse de notre rencontre et qu'il était donc parti en lui disant avoir un rendez-vous d'affaires hors région. Ce qui expliquait le costume.

Cela m'interpella un peu et je le lui signalai gentiment.

 

Son statut de "commercial" lui laissait toute latitude quant à son emploi du temps. Mais il semblait avoir pris un risque. 

 

Afin d'en discuter, il me proposa de marcher un peu sur les dunes et de nous y asseoir.

 

La nature, la mer, le sable... Nous marchions comme deux adolescents, escaladant les dunes. Il m'attrapa la main pour m'aider à monter. Nous riions de notre attitude, digne de deux "gamins" qui s'amusent comme des fous.

 

Nous allâmes nous asseoir dans le sable et il me parla de son épouse particulièrement jalouse, à laquelle il ne pouvait décemment pas avouer qu'il me voyait.

 

Manifestement ce remariage n'était pas une réussite et il n'eut pas peine à me l'avouer. Ce qui lui permettait de tenir bon c'était son travail. Sa semaine à Paris, loin de chez lui, lui assurait de ne voir son épouse que le week-end. Son couple s'était formé, basé sur le souhait des deux conjoints de préserver une partie de leur autonomie.

 

Elle avait ses occupations, son travail, ses habitudes et il avait les siennes. Et d'activités il ne manquait pas. Il était toujours aussi sportif le week-end, exerçant le sport en "solitaire", son épouse ayant quelques difficultés à marcher longtemps. Le sport avait toujours été sa soupape de sécurité, je l'avais connu comme cela et je le retrouvai tel qu'il était avant.

 

Le midi, il me proposa d'aller au restaurant. D'un commun accord, nous allâmes dans un petit établissement situé le long de la digue, face à la mer.

 

Après un repas passé à échanger sur nos enfants, nos parcours respectifs, il me fut possible de lui poser ma question :

 

- "Mais pourquoi m'avoir quittée et chercher à me retrouver depuis toutes ces années ? Voilà quand même la seconde fois que cela t'arrive".

 

Il me répondit franchement pour la première fois et me confia la crainte qu'il avait eue après que j'aie un retard de règles suite à une de nos relations sexuelles (pourtant protégées) au cours de l'année 1976. Mes règles s'étaient ensuite déclarées, mais cela lui avait fait peur et il me dit qu'à cette époque il ne se sentait pas prêt à s'engager sérieusement.

 

C'était plausible, mais cela me troubla. Il ne cacha pas son regret de m'avoir quittée à ce moment là.

 

Nous évoquâmes alors le fait que nous retrouver bien longtemps après permettait de voir nos évolutions de personnalités respectives et de nous apprécier différemment. Les intentions n'étant pas de recommencer une autre histoire mais de donner une chance à cette amitié retrouvée.

 

La journée s'acheva vers 18 h et je repris la route vers mon domicile, après qu'il m'ait déposée à ma voiture.

 

Nous devions de toutes façons nous revoir quinze jours après, avec nos conjoints. Qu'il mente à son épouse ne me plaisait pas, mais je le respectais. L'essentiel étant que mon mari, lui, soit au courant de cette relation amicale extérieure.

 

Cette situation n'était quand même pas simple à gérer pour lui, comme pour moi d'ailleurs vis-à-vis de son épouse.

 

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De retour chez moi, je retrouvai mon mari, dont la mine n'augurait rien de bon.

 

Durant mon absence, il avait reçu un appel téléphonique de notre beau-frère. Les médecins venaient de lui annoncer la généralisation du cancer dont son épouse était atteinte.

Le "pronostic vital "n'était plus que de quinze jours.

 

Je fus très troublée par cette nouvelle. Mon mari et moi aimions énormément sa soeur et nous ne nous attendions guère à un diagnostic de cette nature.

 

Notre beau-frère avait besoin de soutien moral et il savait pouvoir compter sur nous.

 

Le lendemain, 25 Avril 2009, il nous rappela pour nous annoncer le décès de son épouse, survenu dans la nuit. Elle était âgée de 71 ans.

 

L'effondrement fut total pour nous trois. Mon mari et moi partîmes immédiatement à Bruxelles au domicile de notre beau-frère et à l'hôpital.

 

L'image de ma belle-soeur, défunte, me fendit le coeur, mais elle avait un visage "serein".  Il me fut difficile, tout comme à mon mari, de contenir mon chagrin. Il nous fallait rester forts face à notre beau-frère, totalement perdu.

 

Les deux principaux éducateurs de leur fils handicapé arrivèrent eux aussi à l'hôpital. Il fallut annoncer cela à cet homme avec beaucoup de délicatesse. Sa Maman était tout à ses yeux, il la savait malade bien sûr, mais ce décès fut tellement brutal... Et lui était si fragile psychologiquement.

 

L'éducatrice en chef le prépara à la nouvelle et il prit conscience du "départ" de sa Maman, "ailleurs et pour toujours".

 

Nous allâmes ensuite tous ensemble dans l'appartement de mon beau-frère, afin d'évoquer la crémation (souhait que la défunte avait émis il y a bien longtemps déjà).

 

Les éducateurs s'en remirent à mon mari et à moi, notre beau-frère n'ayant pas la force d'organiser quoi que ce soit.

 

Nous discutâmes de tout et j'acceptai de rédiger l'oraison funèbre.

 

Les funérailles furent prévues pour le lundi, soit trois jours après.

 

Le soir du 25 Avril 2009, jour du décès de ma belle-soeur, un second appel téléphonique nous arriva, annonçant cette fois la mort du frère de notre beau-frère.

   

Cet homme souffrait depuis deux ans d'un cancer de la prostate, en rémission, mais c'est une maladie professionnelle qui avait eu raison de lui.

Il était atteint depuis bien longtemps de problèmes respiratoires. Il était âgé d'un peu plus de 70 ans lui aussi.

 

Il laissait une veuve et une fille célibataire.

 

La petite famille que nous représentions se réduisait à peu de membres à présent.

 

La crémation de cet homme fut prévue pour le lendemain de celle de ma belle-soeur.

 

A ces deux crémations, mon mari et moi fûmes présents bien sûr.

 

J'eus beaucoup de difficultés à lire l'oraison funèbre pour ma belle-soeur.

La photo déposée sur son cercueil avait été prise le jour de notre mariage. Mon mari avait pris soin de l'encadrer et son sourire nous permit de garder d'elle, l'image d'une femme douce et aimante.

 

Après ces deux décès consécutifs, je constatai à quel point mon beau-frère se laissait aller. Nos contacts restèrent fréquents, par téléphone surtout puisque 120 kilomètres nous séparaient, mais les éducateurs de son fils furent proches de lui également.

 

Leur fils aîné, habitant la même commune, mais qui refusait tout contact avec ses parents depuis de nombreuses années, n'avait pas manifesté l'intention de venir aux funérailles. Notre beau-frère en était très affecté. Et sans son épouse, sa seule raison de vivre était son fils handicapé. Combien de fois nous l'a t'il dit !

   

Le mois d'Avril 2009 touchait à sa fin.

 

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Dans le même temps, il me fallut gérer les multiples expertises médicales auxquelles je fus soumise, qui augurait ma mise en retraite pour invalidité.

 

Un psychiatre et un neurologue avaient été désignés par le comité médical, afin d'évaluer mon degré d'invalidité.

 

Je fus convoquée également devant le médecin-conseil de la Caisse d'Assurance Maladie, qui avait lui aussi droit de regard sur cette décision.

 

Ces expertises me stressaient dans la mesure où j'avais à chaque fois le sentiment d'avoir à justifier l'injustifiable.

Pourquoi cet arrêt de travail ? Pourquoi cette décision de m'empêcher de reprendre le travail ? Je n'avais rien demandé. Surtout pas l'invalidité.

 

Et surtout... Comment faire comprendre à un expert-psychiatre que je ne prenais aucun anti-dépresseur alors que ma mise en invalidité s'appuyait sur cette dépression et sur l'épilepsie ?  Je m'en étais sortie grâce à l'hypnose surtout, à l'écriture aussi. Mais impossible à faire admettre.

 

La seule chose qui lui convint et qu'il nota, fut de savoir que mon traitement contre l'épilepsie contenait - en adjuvant - un anxiolytique.  

 

Parallèlement à ces expertises, j'entamai, sur les conseils de mon ami médecin (celui rencontré dans le Cher courant Mars 2009), un contact avec l'hôpital Saint-Luc de Bruxelles.

 

Il m'avait conseillé une éminente épileptologue et avait réussi à la joindre afin que j'obtienne un rendez-vous rapidement.

 

Selon lui mon traitement était mal adapté. Je déclarais trop de crises et dans cet hôpital certains épileptiques avaient été très efficacement pris en charge.

 

Le contact avec ce professeur avait été fixé au mois de Mai.

 

Disposant d'une mutuelle Belge, j'avais accès aux soins en Belgique comme en France. Bien que mariée à un Belge, j'avais conservé ma nationalité Française, et ma couverture médicale était assurée pour les deux pays. Bien sûr les conditions de prise en charge n'étaient pas identiques en France et en Belgique, mais j'avais accès gratuitement aux hôpitaux Belges. 

 

Lors de ce rendez-vous, je pris soin d'apporter un maximum de documents médicaux qui permettraient à cette épileptologue de lire les conclusions établies par mon neurologue du Centre Hospitalier Universitaire Français.

 

Cette dame, âgée d'une petite soixantaine d'années apparemment, me réserva un accueil que je n'aurais jamais imaginé.

 

La consultation dura plus d'une heure trente et j'appris, grâce à elle, bien plus sur l'épilepsie qu'en 40 années de suivi médical en France.

 

Par chance, disons-le comme cela, j'avais été contactée quelques mois plus tôt, par une jeune étudiante en médecine. Celle-ci souhaitait établir son mémoire sur le thème de l'épilepsie temporale et avait vu certains de mes témoignages sur un forum. Elle recherchait une personne atteinte d'épilepsie temporale droite (mon cas) et une autre (épilepsie temporale gauche).

 

Un contact téléphonique nous avait permis de nous rencontrer et celle-ci avait procédé à des tests de mémoire, en deux phases (c'était là le sujet de fond qu'elle avait choisi de développer dans le cadre de ses études).

 

Elle m'en avait ensuite transmis les conclusions, que j'eus la possibilité de  présenter à cette épileptologue qui se montra très intéressée par ce travail bien élaboré et détaillé.

 

Ses conclusions furent cependant celles que j'avais souvent entendues :

 

- Epilepsie pharmaco-résistante. Tous les traitements m'avaient déjà été proposés. Elle ne pouvait rien me prescrire d'autre. Elle confirma le diagnostic "d'épilepsie de type partiel - rebelle - complexe". 

 

- La mémoire était relativement correcte, mais amoindrie sur le plan "spatial". Effectivement, mon repérage dans l'espace était depuis bien longtemps altéré.

 

Elle ne vit pas d'autre solution qu'une éventuelle intervention chirurgicale. Un procédé dont avaient déjà bénéficié plusieurs épileptiques présentant la même forme d'épilepsie.

 

Cela consistait en une opération assistée par ordinateur, qui avait fait ses preuves et était pratiquée par un neuro-chirurgien de renom.

 

Je ne me montrai pas très enthousiaste et je réclamai un délai de réflexion.

 

Cette épileptologue m'expliqua que les examens préliminaires pouvaient durer environ six mois, avant que l'opération ait lieu.

 

Elle me proposa de nous revoir afin d'en discuter à nouveau.

 

Après discussion avec mon mari, il fut convenu que je me soumettrais à ces examens préalables. Je les avais déjà subis une dizaine d'années plus tôt en France. Mais ceux qui m'étaient proposés à Bruxelles paraissaient plus sérieux encore. Et, surtout, le mode opératoire n'était pas le même. Les techniques avaient évolué et Saint-Luc était effectivement un hôpital réputé dans le domaine de la chirurgie du cerveau. Tout comme "La Timone" à Marseille.

 

Quelques temps après j'en avisai mes deux fils.

 

V. ne sembla pas perturbé. Mais je connaissais ses réactions à cet égard. Il prenait rarement position dans ce domaine. Même s'il se montrait très attentif à mon état de santé, il respectait mes décisions.

 

F. fut manifestement très contrarié et ne me le cacha pas.

Il me dit d'ailleurs, de façon assez impulsive :

 

- "Mais je ne laisserai pas faire cela avant d'avoir rencontré ce professeur. Je veux la voir, lui parler et savoir vraiment ce qu'ils vont te faire. C'est trop délicat".

 

J'avais eu beau tenter de le calmer et de le rassurer sur le fait qu'il ne s'agissait que "d'une approche" et pas d'une décision définitive, il n'était manifestement pas convaincu de l'intérêt de cette opération.

 

D'ailleurs, peu de jours après, alors que j'étais occupée à faire mes achats dans une grande surface, mon téléphone portable sonna. J'entendis F. me dire :

 

- "Maman, j'ai réfléchi à cette opération, j'aimerais que l'on en discute plus longuement. Je suis inquiet et je ne veux pas te laisser faire ça".

 

Cette réaction provoqua mon émotion. Lui, si peu expansif d'habitude, semblait vraiment très inquiet.

 

A ce moment là, j'ai failli renoncer à ce second entretien avec l'épileptologue. Mais je ne l'ai pas fait.

 

Je maintins le rendez-vous et il fut convenu que j'entrerais à Saint-Luc pour les examens courant Octobre 2009.

 

-:-:-:-:-

 

Au cours de ce mois de Mai 2009 nous avions également reçu "M.T." et son épouse.   

Les vacances de Juillet 2009 approchaient. Avec l'aide de notre ami médecin, habitué à séjourner dans le Finistère Sud, nous trouvâmes un gîte pas très loin de celui qu'il occupait avec son épouse et ses enfants. La réservation était confirmée pour trois semaines consécutives.

 

L'été allait nous permettre de retrouver une certaine quiétude et de découvrir le Finistère. Région de Bretagne que nous ne connaissions pas.

 

Il fallut néanmoins affronter Juin 2009 sous un aspect que je n'imaginais pas ainsi.

  

L'année 2009 réservait encore bien des surprises...

 

 

-&-&-&-

 

 

 

 

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 16:40

49) PASSONS...

 

Passons un peu sur ces évènements difficiles de l'année 2009. Ils n'ont guère d'intérêt et m'ont ainsi permis de procéder à un "tri" dans certaines relations que l'on qualifie d'amicales. Elles ne sont en fait que connaissances, soucieuses de trouver auprès de vous le réconfort nécessaire en cas de besoin, pour mieux vous oublier ensuite. Ou bien encore, de se mirer dans ce que renvoie un couple traversant de grosses difficultés conjugales... Histoire, bien souvent, de se réconforter ou de se rassurer sur leur propre sort.

C'est ainsi que ces personnes s'attachent à rester auprès de celui qu'elles considèrent être le plus faible. Astucieuse façon de lui soutirer un maximum d'informations. Pour se délecter ensuite, lorsqu'elles se retrouvent en couple... Ces conjoints ont au moins - après cela - de quoi alimenter leurs propres conversations !

 

Ce que j'appellerai donc ici "la traversée du désert de 2009" a duré quatre mois... Quatre mois durant lesquels j'ai migré chez un couple d'amis, où je suis tombée gravement malade, puis chez mon plus jeune fils, et enfin chez une ancienne collègue de travail. Contrairement à ce qu'ont pu penser certains, je n'étais pas avec ou chez un autre homme.

 

C'est le 10 Novembre 2009, très précisément, que mon mari et moi nous sommes retrouvés et avons décidé de reprendre la vie commune. Avec l'espoir que nous repartirions sur de meilleures bases.

 

Mes enfants n'ont pas compris. L'aîné surtout, qui s'était beaucoup impliqué dans cette séparation car il me sentait en danger (en se posant les mauvaises questions, toutefois).

Cette année-là, nous n'avons pas passé Noël en famille... Mes fils m'ont signifié tous les deux "qu'ils ne sentaient pas bien ce Noël"... S.I.C.

Nous sommes donc, mon mari et moi, partis passer ces fêtes de fin d'année en Bretagne. Dans le gîte que nous avions découvert peu de temps auparavant.

Les propriétaires n'ayant aucun projet, c'est avec eux que se sont déroulés le réveillon de Noël et celui de la Saint-Sylvestre. Nous avons passé des moments formidables de complicité, dans l'amitié, la vraie ! Et contre toute attente, nous avons bénéficié d'un climat digne du printemps... Les températures restant toujours supérieures à 12°.

Nos amis voulurent nous offrir quelques jours de plus dans ce gîte. Mais nous ne voulions pas abuser de leur gentillesse et sommes repartis le 2 janvier... Pour découvrir que chez nous il avait neigé.

 

-:-:-:-

La vie reprit ensuite son cours, mais nul n'imaginait les "séquelles" que cette succession de décès survenue entre 2008 et 2009 avait laissées en mon esprit.

La défenestration du mari de ma belle-soeur, après la mort de son épouse, m'avait littéralement achevée. Et l'incompréhension de tous ces gens qui s'éloignaient de nous ne faisait qu'accentuer mon état psychologique. Le soutien, je l'avais toujours apporté à chacun en cas de besoin. Mais lorsque l'on me sentait mal, le mieux aux yeux de tous était de s'éloigner de moi. Ainsi, bien évidemment, mon moral ne pouvait que remonter. C'est l'évidence même ! Je m'étais refermée comme une huître...

Mes enfants, menaient leur vie, comme si rien ne s'était passé. Je les voyais de moins en moins. Sauf, bien sûr, lorsqu'ils éprouvaient le besoin fondamental de me rencontrer pour que je leur vienne en aide.

Ce n'est que vers le mois de Mars 2010 que l'aîné de mes fils se décida à nous présenter celle qui était sa compagne depuis... Deux ans ! Je l'ignorais totalement et j'appris d'ailleurs que son père la connaissait depuis bien longtemps déjà.

Cela me permit de me souvenir que mon plus jeune fils, qui n'avait pas osé - en son temps - évoquer son homosexualité auprès de son père, avait lui aussi présenté son ami à son père avant que je fasse sa connaissance.

Toutes ces incohérences, ces mensonges, ces faux-semblants, me rendaient malade. Mais je ne l'exprimais pas. Je gardais tout cela enfoui en moi.

En Février 2010, nous aurions d'ailleurs dû fêter les 21 ans de mon plus jeune fils, mais il n'était pas libre... Cela fut - eu égard à son agenda - reporté en Avril... Je me tenais à son entière disposition ! Qu'aurais-je pu faire d'autre d'ailleurs ?

La petite famille fut réunie chez mon mari et moi, le 10 Avril 2010 (y compris, bien sûr, l'ami de mon fils cadet et la compagne de mon fils aîné).

C'est au moment de l'apéritif que l'aîné me dit : "Vous avez prévu quelque chose courant Octobre ?". Je répondis par la négative et il ajouta en associant sa compagne à son propos "Et bien, nous vous invitons à la maternité pour la naissance de notre premier enfant".

J'étais, bien sûr, folle de joie (qui ne l'aurait pas été)... Tout en comprenant mieux pourquoi il avait récemment tenu à nous présenter la future maman... Dont leur père savait depuis longtemps que la naissance approchait. Future maman qui avait déjà deux fils d'un premier mariage (âgés de 17 et 19 ans). Cela, je l'avais appris aussi, l'avais accepté, mais ils n'avaient pas tenu à se joindre à nous en ce jour... Ils n'allaient jamais que chez le père de mes enfants.

Il n'est question, ici, d'aucune "rivalité" entre mon ex-mari et moi. Mais je n'ai pas compris, comment, après avoir tant dénigré cet homme - que j'avais toujours tenté de faire remonter dans leur estime quoi qu'il en fut - il était maintenant aussi important à leurs yeux. Quitte à en oublier leur mère (je savais, à cette époque et depuis leur majorité, ne plus les entendre durant des mois, tout en habitant à 30 kilomètres de chez eux). La mère de l'ami de mon fils cadet, résidant au Portugal, était plus souvent présente à leurs côtés que moi...

 

Je souffrais d'un immense sentiment de frustration qui me rendait malade. Mais je tentais toujours de faire bonne figure.

L'écriture me sauvait, d'autant que j'avais pas mal de lecteurs sur mon blog de poésies depuis quelques temps. Mes amis étaient, pour les trois-quarts, virtuels et j'appréciais à sa juste valeur la chance de les avoir.

 

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  • pourquoi-taire.over-blog.com
  • La poupée et le chien
  • Agée de 51 ans, j'éprouve depuis longtemps le besoin d'expliquer mon histoire. Celle d'une petite fille que la mort de sa maman a détruite à l'âge de 4 ans... Ecriture exutoire, sans misérabilisme. Mais récit assez édifiant.

Pourquoi ce blog ?

Dame Hélène 

 

Bonjour à vous qui passez ici...

 

J'ai ouvert ce blog pour tenter de me libérer de tous les blocages que m'a infligés celle qui s'est substituée à ma mère en 1965, lorsque mon père s'est remarié, après la mort de ma Maman, survenu en Avril 1964. J'avais alors 4 ans. J'étais enfant unique.

 

J'y dénonce toutes les souffrances, sévices moraux et physiques qu'elle m'a également fait subir.

 

Je tente de vous narrer mon enfance et mon adolescence le plus clairement possible, afin de mettre en exergue les dégâts que certains adultes peuvent opérer sur l'esprit d'un enfant...

 

Vous lirez également, ici, ma tentative de "reconstruction" au fil des années, durant ma vie d'adulte.  

 

Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser un commentaire.

 

Bien à vous toutes et tous.

 

 

Cathy. 

 

 

 

NB : cette image est une création de mon amie "Hélène".

 

J'apprécie cette représentation, car cette femme ressemble beaucoup à ma Maman à l'âge de son décès en 1964 (elle avait 31 ans).

 

Nostalgie de l'enfance

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